Michel Leung Kut et le Diana Instant Square : Lumières et Abstractions

Vous reconnaissez sûrement Michel Leung Kut, un photographe français qui avait eu la chance de tester en avant-première notre pellicule Fantôme Kino B&W au cours d'une série photo onirique ans les rues de Paris. Il nous dévoile aujourd'hui ses images prises avec l'appareil instantané Diana Instant Square, et discute de ses impressions.

Photos prises par Michel Leung Kut avec le Diana Instant Square.

Bonjour Michel, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour, Je m’appelle Michel Leung Kut, j’ai 40 ans et je vis en région Parisienne. J’ai commencé à prendre des photos lorsque mon père m’a acheté un appareil 110 dans les années 80. Je me souviens que le sujet de ma première photo était une voiture autonome à panneau solaire exposée au Trocadéro. J’ai ensuite piqué le Konica EFP2 de ma sœur pour prendre des photos pendant les voyages. Plus tard, c’est le Pentax Spotmatic de mon père dont je me suis approprié pour commencer à faire ce que je fais aujourd’hui plus consciemment, à savoir de la photo de rue. Je pratique la photographie plus sérieusement depuis 5 ans maintenant, je publie des fanzines de temps en temps. Je souhaite que la photographie prenne encore plus de place dans ma vie. Je travaille aujourd’hui à rééquilibrer ma vie professionnelle en ce sens.

Comment décrirais-tu ton style et ton univers ?

La plupart de mes photos sont prises dans la rue, on peut donc considérer que le terme photographie de rue serait le plus approprié. En réalité, je fais de la photographie de rue parce que la rue est la matière première que j’ai sous la main. J’aime jouer avec la limite entre le réel et l’abstrait, d’ailleurs je ne prétends en aucun cas représenter la réalité. J’aime le noir et blanc très contrasté et le flou, justement parce ces caractéristiques permettent de s’éloigner d’une représentation juste du réel. Plus j’avance dans ma pratique et plus je me rends compte que ma photographie est plus en lien avec ma vie intérieure qu’avec les sujets figurants sur mes clichés. C’est en quelque sorte une manière d’exprimer ce que je ressens, plongé dans cette réalité, plus que de la représenter à proprement dit.

Photos prises par Michel Leung Kut avec le Diana Instant Square.

Qu'est-ce qui te plait le plus dans la photo argentique ?

Ce qui me plait le plus dans l’argentique et qui est très difficile à retrouver en numérique, ce sont les accidents. Les erreurs de mise au point ou d’exposition et les problèmes de développement ou de tirage. Dans le processus de fabrication d’une image en argentique il y a tellement d’occasion d’introduire des imperfections qui vont rendre le résultat unique. Ce sont ces imperfections que je chéris. C’est aussi quelque chose que j’explore en numérique en utilisant des appareils obsolètes mais les accidents obtenus sont beaucoup plus dépendants de la volonté d’en obtenir.

Quelle est ton histoire avec les appareils Diana ?

Il y a un peu plus de 10 ans je me suis procuré un Diana+, j’étais alors habitué à utiliser mon Pentax Spotmatic. Mes premiers rouleaux m’ont rendu totalement perplexe, entre le cadrage absolument approximatif, l’exposition tout aussi incertaine, l’irrégularité de la mise au point et les fuites de lumières, mais au travers de ces clichés je pense que j’ai aussi découvert mon goût pour les accidents. Parce qu’on peut le dire, le Diana est un appareil aux accidents heureux. Une grande partie de mes souvenirs de cette époque ont été pris au Diana. Souvenirs constitués d’une collection de portraits de mes amis aux visages coupés par le cadre, de lieux aux bords mal définis et des soleils aveuglants. Et donc aujourd’hui vous m’avez permis d’essayer le Diana Instant Square. Bien qu’il soit nettement plus volumineux que le Diana original, les repères sont les mêmes. Ça faisait quelques années que je n’avais plus utilisé mon Diana j’ai dû me réhabituer à rater beaucoup de photos et à me laisser un peu plus porter. J’y ai retrouvé tous les éléments qui avait fait qu’à l’époque j’avais apprécié l’expérience, le côté instantané en plus. J’ai essayé aussi de jouer avec les limites de l’Instax en terme d’exposition et de faire un peu de couleur aussi n’ayant pas de d’Instax Square noir et blanc.

Photos prises par Michel Leung Kut avec le Diana Instant Square.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur la série que tu as réalisée avec le Diana Instant Square ?

Initialement, je pensais surtout l’utiliser lors de mes vacances sur la presqu’île de Quiberon, mais la tempête Alex en a décidé autrement. J’ai quelques clichés de la côte sauvage et de la mer un peu avant la tempête. J’aime le rendu de ces deux photos de la mer parce qu’elles annoncent bien la tempête qui allait nous tomber dessus. Dans cette série figurent aussi un ensemble de clairs-obscurs. J’ai été surpris de réussir à obtenir ce rendu avec le peu de contrôle d’exposition qu’offre le Diana. J’aime tout particulièrement la photo de devanture fermée qu’on devine à peine. Prise dans son ensemble cette série semble assez peu cohérente, mais en y regardant de plus près elle témoigne de cette période étrange. Cette année arrivée comme une tempête qui aurait mis à mal tous nos plans. Les contours de notre vie semblent aujourd’hui un peu plus flous. Flous, comme cette statue de la liberté à contre-jour symbole d’un principe qui semble aujourd’hui en danger.

Et qu'est-ce que tu as pensé de l'appareil ? As-tu une préférence pour l'un des objectifs du Diana Instant Square ?

On retrouve bien l’esprit du Diana dans ce Diana Instant Square, c’est un appareil qui invite à lâcher prise et à embrasser les erreurs. Ça n’est certainement pas un appareil adapté à la photo de rue que je pratique habituellement de part sa taille et mon incapacité à l’opérer rapidement. Par contre, je le verrais bien comme appareil pour tenir un journal. J’aime l’idée que les souvenirs soient des images floues et peu précises. Constituer un album de souvenirs pris par le Diana me paraît du coup tout à fait approprié. J’ai pu tester tous les objectifs disponibles du Diana et mon préféré est le grand angle 55 mm parce qu’il correspond bien au type de focale que j’utilise en temps normal. J’aime aussi le téléobjectif 110 mm et le vignettage très prononcé qui donnent l’impression que la photo est ronde et qui du coup fonctionne très bien avec un sujet bien au centre.

Photos prises par Michel Leung Kut avec le Diana Instant Square.

Des projets à venir dont tu aimerais nous parler ?

J’ai un projet en cours qui parle de souvenirs, de deuil et de liens familiaux. J’utilise pour ce projet un appareil sténopé avec lequel je n’utilise pas de trépied pour que les micromouvements de mes mains influent sur l’image qu’il capture. Le choix de ce type d’appareil et de ce procédé me permet d’exprimer ce que j’imagine être un souvenir. Un souvenir pour moi n’est pas précisément cadré, les bords de ce qu’il décrit sont flous et la mise au point n’est pas placé sur un élément particulier. L’expérience avec le Diana Instant Square m’a aussi inspiré un nouveau projet sur la manifestation du soleil dans mon intérieur. Je photographie les objets qui font l’identité de mon chez moi lorsque le soleil se pose sur eux.


Nous remercions Michel Leung Kut pour avoir partagé ses photos et ses impressions avec nous. Suivez Michel Leung Kut sur son Instagram.

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Bousculez vos habitudes et laissez le Diana Instant Square imprégner vos photos d’une beauté imprévisible. Il n’y a pas de reprise possible, pas de polissage post-production — vous prenez la photo et quelques secondes plus tard vous tenez dans vos mains une superbe photographie aux couleurs vives et douces ainsi qu’un beau vignettage.

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