Community Amigo : Youssef G. Hamri (Yoodoo)

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Youssef aime s’affranchir des règles académiques de la photographie, la Lomography est donc tombée à point ! Pour lui l’argentique, c’est palpable. On peut faire des collages avec, les glisser dans une carte postale ou même tenter de dessiner par-dessus l’image. Voici, une entité et une personnalité de plus, à découvrir dans notre famille Community Amigos !

Nom : Youssef G. Hamri
LomoHome: Yoodoo
Ville: Poitiers
Âge: 28 ans

Crédit : Yoodoo

Hey ! Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur toi ?

Bonjour à tous et bienvenue. Dans mon évolution photographique, il y a eu un avant et après l’application de la règle du tiers avec un passage quasi-définitif à l’argentique quand je l’ai rejetée. Je trouvais mes photos trop aseptisées et reflétant, avec une perfection gênante, la réalité. J’ai réalisé aussi que je n’avais pas forcément à respecter cette règle du tiers pour obtenir de jolies photos. J’ai découvert à ce moment-là Lomography.

Depuis combien de temps es-tu Lomographe ?

Ma sœur m’a offert un Diana en décembre 2011 et j’ai aussitôt adhéré à l’originalité qu’offrait la communauté Lomographique. Redonner vie à des objets aussi vivants et riches en émotion que des appareils photo en remettant en service du 120 ou du 110 mm, c’est très louable comme philosophie ! Je suis conscient d’aller à contre-courant, car attendre plusieurs semaines pour faire développer des photos et voir le résultat, c’est impensable à l’époque du numérique et de l’instantanéité !

Crédit : Yoodoo

Quels sont les appareils photo que tu as ?

Je possède un Lubitel 166B, un EOS 300 et un Spinner 360 comme appareil photo principaux. En tant qu’appareils d’appoints j’ai un Kodak Ektra 200, un GAF 220, un Fisheye 2 et un Octopus 919 bidouillé qui permet de faire des doubles expositions.

Peux-tu nous raconter ton expérience avec ces appareils photo ?

Le Kodak Ektra m’a été offert par mon grand-père il y a bien des années et a la particularité de faire se chevaucher les photos à cause d’un défaut d’armement. Il m’a vraiment donné envie d’explorer la voie de la surimpression que j’affectionne particulièrement. Les photos donnent l’impression qu’elles sont ratées mais, si l’on regarde bien, les deux éléments principaux de chaque prise de vue racontent une histoire sur la même photo. Mon premier appareil argentique est l’EOS 300. Il m’a inculqué les bases des réglages et le Lubitel m’a permis d’approfondir la voie de la surimpression et des poses longues avec une meilleure qualité photographique. Mes appareils photos d’appoint me permettent de partager l’expérience avec des amis car ils nécessitent peu ou pas de réglage.

Quel est ton appareil Lomography préféré ? Et pourquoi ?

J’aime beaucoup le Fisheye 2 pour sa facilité d’utilisation, son prix abordable et la panoplie de réglages simples mais efficaces que l’on peut effectuer avant de réaliser une photo.

A ton avis, pourquoi on continue de faire de l’argentique ?

L’argentique, c’est palpable. On peut faire des collages avec, les glisser dans une carte postale ou même tenter de dessiner par-dessus l’image. Quand tu les fais développer en labo, tu assistes à la genèse de la retranscription d’une émotion, d’un endroit. Le don d’ubiquité dans toute sa splendeur. Je trouve le numérique trop parfait, j’ai envie de voir ces grains sur la photo, ça lui donne un aspect impressionniste. J’aime aussi ces petits défauts qui permettent de croire qu’il existe une autre manière de percevoir le monde que celle que nous voyons. Alors que le digital permet de rendre ce que nous voyons sans se permettre de petits écarts.

Crédit : Yoodoo

Quels sont les endroits que tu aimes photographier ?

J’ai récemment pris des photos dans une église et j’ai trouvé que c’était une expérience enrichissante. La sacralité du lieu, les rencontres improbables, son côté imposant. Ce sont des émotions qui inspirent. Je fais régulièrement des séjours au Maroc que j’aime toujours autant prendre en photo pour les conditions idéales de prise de vue qu’il propose et ses paysages et ambiances uniques. Je fais aussi de la photo de Street Art mais rares sont celles que je prends avec un argentique, je les prends surtout avec mon portable.

Peux-tu nous parler un peu des photos que tu as choisies de nous montrer ?

Il y a des photos de ma ville natale, Poitiers avec une pellicule LomoTurquoise. J’aime beaucoup le rendu, les couleurs qui prennent des tons pastels et ce côté surréaliste voire “trippy”. Il me permet de redécouvrir cette ville en quelque sorte. J’ai aussi partagé des photos prises au Maroc, dans le Moyen Atlas et à Marrakech où la vie qui se déroule sous nos yeux est vraiment dépaysante. On retrouve pour finir des photos de ma série des Prosopopées (figure de style qui donne la parole à un absent, une abstraction, un mort). Elle explore notre représentation des forces occultes, les absents voire les fantômes qui nous hantent quand les jours sont maussades. La plupart ont été prises en double voire longue exposition.

Peux-tu nous recommander des LomoHomes que tu aimes suivre ?

Il y a les photos d’ Akula qui m’impressionnent toujours autant. Des images travaillées dont certaines sont encore dans ma mémoire. J’ai beaucoup aimé son album Madness qui est parmi les doubles expositions en noir et blanche les plus réussies de la communauté.

Ivaylo a de superbes photos prises avec le Sprocket Rocket et il maîtrise tout aussi bien les doubles expositions avec n’importe quel appareil.

Les photos de Marcoc on un côté spontané et rock’n’roll que j’aime beaucoup.

2015-06-08 #people #lifestyle #lomoamigo

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