La Sardina DIY : Léa Le Faucon & Jérémy Blahay

Nous sommes heureux de vous présenter le projet à quatre mains pensé et réalisé par l'illustratrice et tatoueuse Léa Le Faucon et le photographe et réalisateur Jérémy Blahay. Jérémy a développé sa série de photos intitulée "Atlantis" avec La Sardina et la pellicule Lomography Color Negative 800. Puis Léa, s'est approprié notre La Sardina DIY, elle a peint du lierre sur notre appareil argentique à customiser. Le dessin est fait avec le bleu caractéristique que l'on retrouve dans l'ensemble de ses créations. Prenez une pause en lisant notre interview des deux artistes et en contemplant leurs réalisations d'inspirations végétales et marines : "une île mystérieuse refait surface" dans un souffle poétique...

La Sardina DIY par Léa Le Faucon.

Bonjour Léa et Jérémy, bienvenus sur le Magazine Lomography ! Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Léa : Je suis originaire de Nantes. J’ai fait mes études en Arts Appliqués à l’École Estienne à Paris pour ensuite me retrouver à travailler pendant 5 ans en tant que Directrice Artistique dans une (trop) grosse agence de pub. J’y ai beaucoup appris (sur moi-même surtout) et il y a 3 ans, j’ai décidé de quitter ce milieu trop éloigné de mes convictions, afin de me consacrer à ma passion : le dessin.

Jérémy : Je m’appelle Jérémy Blahay et je suis originaire du quartier des Frères Lumière de Lyon. Après des études en médiation culturelle, j’ai longtemps travaillé dans le domaine du marché de l’art à Paris. Fin 2018, j’ai repris des études dans le champ de la photographie et de la vidéo, et depuis j’y consacre toute mon énergie.

Black Tree, Léa et Atlantis, photos prises par Jérémy Blahay avec La Sardina et la Lomography Color Negative 800.

Pouvez-vous nous en dire plus sur vos styles respectifs et vos visions artistiques ?

L : J’ai du mal à définir mon style. Tout ce que je sais, c’est qu’il y a 5 ans, lorsque j’ai commencé à m’intéresser à l’Art et l’Histoire du tatouage, mon style s’est affirmé. J’ai alors choisi d’explorer la ligne et les contrastes, afin d’habiller au mieux ce nouveau support : la peau. J’essaye d’être lisible, impactante et légère à la fois.

J : Je dirais que les images qui m’intéressent explorent des territoires à la fois physiques, historiques et intérieurs. Je me reconnais dans ce qu’on appelle le documentaire de création, encré dans le réel, à la bonne distance, et qui peut aussi évoquer des mondes empreints d’imaginaire. Le portrait et le paysage ont bien sûr une place importante. Une partie de mon travail parle d’écologie, de postcolonialisme et d’histoire globale mais aussi des notions de famille et de transmission.

Sunset tree et Bird, photos prises par Jérémy Blahay avec La Sardina et la Lomography Color Negative 800.

Quelles sont vos sources d'inspiration ?

L : Les voyages, la mythologie, les croyances païennes, la nature, la vaisselle bleue de chine de ma grand-mère, les cabinets de curiosité, les miniatures persanes… Le tout arrosé de fortes convictions écoféministes.

J : Le cinéma, la SF (Cronenberg, Lynch, Damasio), les séries (Six Feet Under, Atlanta). Le photographe australien Trente Park, l’anthropologue Nastassja Martin, la grande-reportrice Marie-Hélène Fraïssé, l’artiste contemporain Samir Ramdani, mes ami.e.s, ma famille…

Stairs, Wave, Blue Rose, Stem, Golden Tree et Red Cluster, photos prises par Jérémy Blahay avec La Sardina et la Lomography Color Negative 800.

Quand nous vous avons contactés pour vous proposer un projet avec La Sardina DIY, qu'est-ce qui vous a intéressé chez cet appareil et quelles ont été vos premières impressions en le découvrant ?

J : Ça faisait longtemps que je voulais faire de la Lomo. J’ai une histoire particulière avec l’argentique et les accidents…
J’ai été surpris par la légèreté et la petitesse de l’appareil, habitué aux boitiers des années 80, comme le F3, connus pour leur robustesse et donc leur poids.

La Sardina DIY par Léa Le Faucon.

Léa, tu as dessiné sur notre La Sardina DIY. Pourrais-tu nous en dire plus sur cette customisation et les matériaux que tu as utilisés ?

L : J’ai utilisé un pinceau et la même peinture que j’utilise d’habitude pour peindre sur de la porcelaine. Les photos de Jérémy, végétales et marines, m’ont inspiré ce lierre bleu qui grimpe et habille l’appareil.

Dark Tree, Wood Piece, Shiny Rocks, Blue Roots, Strata, Green Wall, Foam, The Cave et Flame photos prises par Jérémy Blahay avec La Sardina et la Lomography Color Negative 800.

Pourquoi utilises-tu le bleu dans tes créations ?

L : J’aime cette couleur et ce qu’elle symbolise. Elle m’apaise, comme lorsque je regarde l’océan.

Est-ce que tu donnerais un nom à La Sardina DIY que tu as personnalisée ?

L : Je lui donnerais le même nom qu’une des photos de la série de Jérémy : Blue Ivy.

Blue Ivy, photo prise par Jérémy Blahay avec La Sardina et la Lomography Color Negative 800. La Sardina DIY par Léa Le Faucon.

Jérémy, peux-tu nous raconter ton histoire avec la photo argentique ?

J : Ça commence avec l’Olympus OM10 de mon père que je trimbale partout, notamment lors de mes premiers voyages. À l’institut Lumière de Lyon je suis fasciné par les films de Jerry Schatzberg, que je rencontre. J’apprends que c’est d’abord un photographe, et un sacré portraitiste. Plus tard, à Paris, je travaillerai avec des photographes emblématiques des années 70/80 comme Ku Khanh ou Gökşin Sipahioğlu. Je baigne dans les sels d’argent jusqu’à même glisser d’une falaise au Groenland et noyer tout mon matériel photographique dans les eaux glaciales de l’Arctique. Mais mes films ont resurgi des fonds marins et j’en ai tiré une série très singulière. C’est cette culture de l’argentique qui m’a construit et qui continue de me faire avancer.

Le Faucon et Bloody Rose, photos prises par Jérémy Blahay avec La Sardina et la Lomography Color Negative 800.

Et peux-tu nous en dire plus sur la série de photos intitulée "Atlantis" que tu as réalisée avec La Sardina et la pellicule Lomography Color Negative 800 ?

J : Ça s’est fait petit à petit, sans idées précises au moment des photos. Je voulais faire quelque chose de très simple, libre et spontané. Photographier la nature, l’océan et surtout un lieu auquel nous sommes liés. Quand nous avons reçu les scans, une atmosphère s’est peu à peu révélée, puis plus récemment c’est devenu clair : cette série est une errance végétale et minérale sur les rives d’un imaginaire où une île mystérieuse refait surface. On y découvre le temps d’une pellicule ses arcanes de lierre bleu, de strates archaïques et d’écume brillante.

Pine Cone, Yellow Spikes, Torrent et No Acces, photos prises par Jérémy Blahay avec La Sardina et la Lomography Color Negative 800.

Des projets à venir dont vous aimeriez nous parler ?

L : J’ai un projet en collaboration avec une amie céramiste, Le Loup Blanc. Elle a modelé un trio de vases que je vais décorer.

J : Dans le désordre :

Je travaille sur un film documentaire réalisé cet hiver à l’extrême nord de l’Europe. J’y parle, sous l’angle d’un récit familial très personnel, du peuple autochtone Saami, des contes berbères et d’écologie. Ici un petit teaser : De Béjaïa à Kiruna.
La revue Bouts du monde va publier dans son numéro d’Avril la série au Groenland dont je parlais justement. Il y sera question d'histoire coloniale, de dérèglement climatique, d'utopie sauvage et de mythes traditionnels.
Un projet de livre photographique germe autour d’un archipel africain méconnu. Ça a été impulsé par une rencontre avec un auteur et producteur. Tout part de cette série réalisée il y a trois ans : São Tomé-et-Príncipe.
Enfin, et plus largement, collaborer avec Léa, inspiration première de mon quotidien ! Nous avons beaucoup de choses à réaliser ensemble :) !

Insula, photo prise par Jérémy Blahay avec La Sardina et la Lomography Color Negative 800.

Retrouvez Jérémy Blahay sur son site internet, Instagram, Facebook et Vimeo.

Et Léa Le Faucon sur son Instagram, son Facebook et sa Boutique en ligne.

écrit par florinegarcin le 2020-04-02 dans #équipement #people #lomography-color-negative-800 #la-sardina-diy #lea-le-faucon #jeremy-blahay

Les articles les plus captivants