Ben Nardini : quand le sport extrême croise l'argentique

2017-01-30 1

Aujourd'hui, on prend de l'altitude Ben Nardini, directeur de la photographie et pilote de drone principalement chez Almo film. Passionné par l'image, qu'elle soit statique ou en mouvement, Ben rencontre le LC-Wide au LGS de New York. Depuis ce petit boitier l'accompagne partout dans ses tournages, et même lorsque le bonhomme s'envole pour l'Alaska.

Nom : Benjamin Nardini
Profession : directeur de la photographie et pilote de drone principalement chez Almo film
Lomohome : bennfilms
Matos : LC-Wide et Lubitel 2

Hello Ben, est-ce que tu peux te présenter à la communauté Lomography ?

Salut je m’appelle Benjamin Nardini, je suis directeur de la photographie et pilote de drone. J’ai 31 ans, j’habite à Roquebrune Cap Martin sur la Cote d’Azur. Je suis originaire d’une petite station de ski à une heure de Nice, qui se nomme Valberg.

J’ai commencé la vidéo vers 17 ans ; lorsque je passais mon diplôme de moniteur de ski, j’empruntais la caméra de mes parents et je filmais mes potes en train de faire du freestyle en ski et en snowboard. Puis, lorsque je suis parti vivre un an au Canada, je me suis retrouvé à faire le ménage dans le Lodge de la station de ski, et c’est là que j’ai rencontré différentes boîtes de production qui venaient shooter une partie de leur film. J’ai eu la chance d’en suivre quelques unes, j’ai adoré et c’est là que j’ai réalisé que je voulais en faire mon métier. Une fois rentré en France, j’ai investi dans du matériel professionnel et je me suis lancé. J’ai enfin pu mixer mes deux passions : l’image et la montagne. Ca fait maintenant deux ans que je travaille principalement comme directeur de la photographie, pilote de drone et monteur chez Almo film.

Raconte-nous ton histoire avec la photographie.

Pour moi la photographie a vraiment débuté lorsque que je suis parti faire ma première saison à Courchevel. J’ai fait la rencontre de deux photographes, Cedric Nassi et Alexis Builles, qui habitent dans le sud et étaient venus, eux aussi, faire leur saison en Savoie. C’est eux qui m’ont formé et de retour dans le sud j’ai fait quelques travaux comme assistant photographe. Par la suite j’ai investi dans un Nikon D800 que j’utilisais beaucoup pour faire des timelapses.

C’était quoi ton premier appareil argentique ?

Mon premier appareil photo argentique était un Canon EOS100, acheté à un ami qui venait de passer au numérique. Il n’a malheureusement pas marché bien longtemps et je suis passé moi aussi au numérique, jusqu’à l’année dernière.

Et quels appareils possèdes-tu maintenant ?

Maintenant j’utilise un Lomo LC-Wide que ma compagne m’a offert l’année dernière pour mes 30 ans, lorsque nous étions en voyage à New York. Nous nous sommes retrouvés par hasard devant le shop Lomography, cela m’a permis de me remettre à l’argentique et depuis je l’emmène partout avec moi. J’ai aussi fait l’acquisition, cet automne, d’un vieux Lubitel 2, acheté sur E-bay, car je suis fan du format 120 et c’était une bonne occasion de m’y mettre. J’ai aussi deux appareils instantanés, l’un est un Fujifilm Instax mini 90, l’autre un Polaroid 600 de chez Impossible. J’ai également une petite collection de vieux appareils qui ne fonctionnent malheureusement plus, mais que j’ai exposés chez moi en décoration.

Et ton appareil préféré ?

Mon LC-Wide. J’aime le format de poche, je peux l’emmener partout. Il est simple à utiliser comparé au Lubitel 2. Ce dernier est complètement manuel, je dois donc, en plus, utiliser une cellule pour gérer l’exposition, ça me prend plus de temps pour faire une photo et, du temps, j’en ai très peu quand je suis en tournage.

Tu es un photographe de sports extrêmes et tu continues de conjuguer argentique et numérique. Qu’est-ce qui détermine ton choix d’utiliser tel ou tel appareil pour un projet ?

Je ne suis pas à proprement parler un photographe, je suis avant tout cameraman. Durant les tournages, j’utilise de temps à autre un boitier numérique pour les timelapses et j’ai toujours avec moi un boitier argentique dans mon sac vidéo.

En quoi l’argentique vient-il apporter quelque chose de différent à la photographie des sports extrêmes ?

En ce qui me concerne, je ne shoote pas du tout d’action en argentique car je suis derrière la caméra ou aux commandes du drone pendant ces moments-là. J’utilise mes boitiers argentiques surtout pour immortaliser des moments de lifestyle, paysages, portraits et behind the scène.

Pourquoi est-ce que l’on continue de faire de l’argentique selon toi ?

Comme pour la vidéo, je pense que l’on continue de faire de l’argentique pour le grain qu’apporte l’utilisation de films. Même si maintenant on peut recréer cet effet en post production avec le numérique, ça n’a pas le même cachet. L’argentique, c’est aussi retrouver tout le processus de création d’une photo, se dire qu’on à un nombre limité de poses, finir sa pellicule, la faire développer et attendre de recevoir le résultat, ça me plait énormément.

Dans quelle mesure trouves-tu que l’argentique et le numérique sont des disciplines complémentaires ?

C’est au niveau de l’intention que l’on souhaite donner à nos images. La combinaison des 2 technologies permet de proposer une richesse de rendus aux différents projets que nous entreprenons.

Qu’est-ce que les appareils Lomography apportent à ton travail ?

J’utilise les appareils Lomo pour deux raisons majeures :

- La facilité et rapidité d’utilisation; j’ai peu de temps en tournage et cela me permet d’immortaliser rapidement ce que je souhaite avec mon appareil qui est toujours à portée de main.

- Les appareils Lomo sont très peu encombrants et c’est pour moi une caractéristique essentielle, avec tout ce que je trimballe en tournage j’ai l’impression d’être un vrai Sherpa….:-)

Peux-tu nous parler de tes photos ? C’est quoi leur petite histoire

Behind the Scene - Eco Power - Alaska - Crétins des Alpes

Tout d'abord il y a cette petite sélection tirée d'une série de photos que j'ai ramenée lors de notre dernier trip en Alaska, pour le tournage du dernier film de Morgan Le Faucheur, Crétins des Alpes, produit par Almo Film. Nous devions passer 13 jours sur le glacier, mais malheureusement, le mauvais temps est venu perturber l'aventure et nous avons du lever le camps après six jours intensifs de tournage. (Vous pouvez voir le chapitre du film ici perturber l'aventure et nous avons du lever le camps après six jours intensifs de tournage. Vous pouvez voir le chapitre du film ici.

Behind the Scène - Great Passes Tour

Cette sélection est un extrait d'une série faite pendant le tournage de Great Passes Tour, où nous avons suivi un groupe de riders traversant quelques uns des plus beaux cols des Alpes.

Une bonne tranche de rigolade entre potes. Si je me souviens bien, l'un des riders, Victor Daviet, a aussi fait une série avec son appareil Lomo LC-A+ diffusée dans votre mag. Vous pouvez voir le clip Act et VANS fait à cette occasion.

Ces deux photos montrent à quelle point on peut avoir des surprises avec l’argentique.

Tournage pub Almo Film / Ludwig

J’ai la chance dans mon métier de pouvoir me retrouver dans des endroits magnifiques. Cette sélection est un exemple de l’utilisation que je fais de mon LC-Wide pour immortaliser ces paysages.

Qu’est-ce que tu aimes chez le LC-Wide ?

Ce que j’aime chez le LC-Wide, c’est avant tout son format de poche et sa simplicité d’utilisation. Lorsque je suis en tournage j’ai déjà énormément de matériel à transporter donc le fait de pouvoir avoir un appareil aussi compact est un sacré avantage. En plus de cela, j’ai en général très peu de temps pour faire des photos; avec le LC-Wide, j’ai juste à le sortir de ma poche, sélectionner la mise au point et shooter.

Et chez le Lubitel ?

Pour ce qui est du Lubitel 2, c’est son format 120 et le rendu des photos lorsque les réglages sont parfaits et qu’il n’y a pas de problème avec la pellicule. Je pense que le 120 est mon format préféré. Malheureusement je l’utilise très peu, car ça demande pas mal de temps et les pellicules et le développement coûtent chers.

Des projets dont tu aimerais nous parler ?

Nous avons deux gros projets en préparation chez Almo Film. Tout d’abord, nous devrions retourner en Alaska avec Thomas Delfino pour une nouvelle expédition en avril pour un nouveau film. Ensuite, nous avons un gros projet de documentaire sur Mathieu Crepel. Le tournage devrait durer deux ans et il y a pas mal de voyages de prévus, donc pas mal de photos en perspective……..

Un livre de chevet ? Une photo qui t’a récemment marqué ? Un artiste dont tu aimeras nous parler peut-être ?

  • Livre de chevet du moment : Le principe de Lucifer d'Oward Bloom
  • Un artiste : JR, un artiste que je suis depuis son projet Inside Out. Nous avons eu la chance ma femme et moi de le rencontrer avec le réalisateur américain Darren Aronofsky. Nous faisions parti des protagonistes pour leur Projet « La Marche » (plus d’infos ici)

En dehors de la photographie et des sports extrêmes, as-tu d’autres hobbies ? Macramé ? Zumba ?

Je suis un gros geek donc tout ce qui concerne cette culture et les nouvelles technologies.

Un dernier mot ?

Film photography is not dead !

Lomography, ça rime avec ?

Philosophy

Merci Ben !

Et on vous quitte sur le dernier film mentionné plus haut par Ben : Crétins des Alpes !

écrit par mpflawer le 2017-01-30 dans #vidéos

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