Les Portraits en Surimpression de Corentin Schieb avec la Pellicule Lady Grey

Notre LomoAmigo @corentinschieb est de retour sur le Magazine pour nous parler de sa série de photos en double-exposition réalisée avec notre pellicule Lady Grey B&W 400. Dans cette série de compositions oniriques, il sonde l'âme humaine et joue avec les textures pour faire fondre le corps humain dans l'immensité des paysages naturels qui apparaissent en surimpression. Lisez l'article pour découvrir ses incroyables portraits et ses conseils pour maîtriser l'art de la double-exposition !

Photos de Corentin Schieb prises avec la pellicule Lady Grey

Hello Corentin et bienvenue dans le magazine Lomography ! Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur toi et ton travail ?

Bonjour et merci à vous pour l’accueil ! Je m’appelle Corentin Schieb, je viens de Nantes et je suis photographe. J’ai commencé la photographie de manière autodidacte, comme un moyen de me créer des souvenirs pour les partager, et je me suis passionné rapidement pour le médium argentique. J’essaie de concentrer mon travail sur la capture de mes rencontres et de mes errances, au quotidien ou lors de mes voyages, avec des images que j’aime teinter avec un mélange de mélancolie, de nostalgie et d’onirisme. En parallèle, je suis co-fondateur d’un collectif nommé « Les Furtifs » où je réalise des films, des clips et des documentaires.

Pourquoi avoir choisi de travailler en argentique ? Qu'est-ce que l'argentique apporte de plus que le digital ?

Étant né dans les années 90, j’ai en partie grandi avec l’argentique : j’utilisais très souvent des appareils photos jetables dans mon enfance, et aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été fasciné par ce qui m’entourait et par l’acte de le capturer en image. J’ai utilisé le numérique à partir de mon adolescence, mais j’ai vraiment redécouvert la photographie argentique à partir de 2014, avec le Canon EOS 650 de mon père. Je venais de déménager à Berlin et je voulais photographier toutes ces nouvelles choses : cela a été une révélation, qui m’a permis de faire des images avec ma façon de regarder les choses. Et avec le temps, la photographie est devenue une passion un peu débordante et un synonyme de liberté, aussi bien dans la création que dans les voyages et rencontres qu’elle m’apporte au quotidien. Si l’argentique, avec son esthétique très spéciale, apporte quelque chose de différent du digital au niveau des couleurs, du grain et des textures, j’ai surtout l’impression que le procédé de la photo argentique continue de captiver pour sa démarche authentique et sincère. En argentique, la valeur d’un cliché est complètement reconsidérée alors que des centaines de clichés numériques restent perdus sur des cartes mémoires.

Photos de Corentin Schieb prises avec la pellicule Lady Grey

Tu réalises régulièrement des double-expositions, qu'est-ce qui te plaît dans cette technique ?

C’est une technique qui me semble être avant tout un outil de création, où les lois photographiques ne sont plus une contrainte, mais deviennent une force pour expérimenter, avec des possibilités infinies de doubles expositions de clichés, et plusieurs manières pour y arriver. Et au-delà du fait d’explorer le médium argentique dans une technique qui lui est propre, c’est surtout la notion de « beaux accidents » qui me plaît : je suis fasciné par l’envie d’amener deux images à se superposer de manière parfois hasardeuse, sans avoir une idée du résultat au préalable, mais que le rendu final soit une surprise qui nous plaît ! J’aime beaucoup le sentiment de nostalgie et de mélancolie qui peut se dégager de cette surimpression d’images séparées par le temps et l’espace, mais dont la vision n’existe en réalité que sur la pellicule.

As-tu des conseils pour ceux qui aimeraient s'essayer à la surimpression ?

Maîtriser votre appareil et sa technique vous permettra évidemment d’éviter de surexposer ou de mal double-exposer des clichés. Je trouve d’ailleurs que la photo de nuit se prête bien à cet exercice pour laisser respirer la lumière dans les zones d’ombres et avoir des contrastes naturels. Mais le conseil que je donnerai c’est de ne pas avoir peur de se lancer et d’expérimenter : cela va sûrement vous coûter quelques pellicules, mais avec le temps vous allez comprendre comment les textures, compositions et ambiances de vos images se superposeront. Et vous allez commencer à rentrer dans une approche plus maîtrisée de votre pratique, pour composer la surimpression avec équilibre et harmonie.

Photos de Corentin Schieb prises avec la pellicule Lady Grey

Pourquoi as-tu décidé d'utiliser la pellicule Lady Grey pour ce shooting ?

Je suis assez familier des pellicules Lomography que j’ai plaisir à utiliser, notamment la Color Negative 800, mais également la Redscale XR que j'ai pu tester pour un article l'année dernière. Mais je n’avais jamais eu entre les mains une pellicule noir et blanc de chez Lomography, donc lorsque l’on m’a proposé ce test, j’ai tout de suite été tenté ! Merci à vous pour cette belle expérience !

Peux-tu nous parler du concept de cette série de double-expositions ?

Je cherche toujours, au travers de mon travail, à capturer les instants fuyants pour me les réapproprier, et à mettre en images les évasions rêveuses des personnes qui m’entourent. Pour illustrer ces visions oniriques, j’ai utilisé ici la double-exposition comme territoire de recherche, afin de dévoiler une suite d’images d’un être perdu dans ses pensées et souvenirs rêveurs. Pour cette série, réalisée grâce à mon modèle et ami Paul, je voulais plus particulièrement assembler ces textures de peaux tatouées et de paysages marins, comme pour confronter les reliefs de ces deux univers dans un jeu de contrastes clair-obscur. Les prises de vue ont été réalisées à des endroits et moments différents, d’abord avec Paul puis à la mer, pour cristalliser cette vision un peu onirique.

Photos de Corentin Schieb prises avec la pellicule Lady Grey

As-tu apprécié le rendu de la Lady Grey ? Est-elle différente des autres pellicules en noir et blanc que tu as pu tester ?

J’ai eu la chance de tester la pellicule avec mon appareil favori : mon Nikon F2. En noir et blanc, je travaille surtout avec de la Ilford HP5 Plus et de la Kodak Tmax 400, mais j’ai beaucoup apprécié le rendu de la Lady Grey. Je suis un amoureux des photos au relief et contraste un peu poussés et la Lady Grey m’a séduit sur ce plan : les noirs sont très profonds et les dégradés de gris sont à la fois doux et progressifs, avec un beau rendu des détails. De plus, elle a fonctionné aussi bien en faible luminosité intérieure qu’en éclairage naturel généreux. Elle se démarque pas mal de mes pellicules habituelles, et j’aurai plaisir à refaire des portraits avec elle.

Quel style de photographie est le plus adapté à cette pellicule selon toi ?

Au vu du fort contraste de la pellicule qui apporte une dimension assez mystérieuse aux images finales, je dirai que je la trouve très adaptée pour réaliser des portraits, notamment dans des ambiances nocturnes.

Photos de Corentin Schieb prises avec la pellicule Lady Grey

Quels sont tes projets pour la suite ?

J’ai toujours énormément de projets en tête, avec la photographie qui reste toujours pour moi un prétexte pour bouger, voyager, faire des rencontres… J’ai commencé cette année de nouvelles séries photo avec leurs thématiques propres, que je suis en train de développer. Je travaille aussi sur mon premier livre photo et sur une exposition pour l’accompagner, que j’espère finaliser au plus vite !


Merci à Corentin de nous avoir accordé cet entretien ! Vous pouvez retrouver son travail sur sa LomoHome, sa page Instagram et son site Web.

écrit par leilawithani le 2023-07-01 dans #Gens

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