La beauté brute des corps par Marie Le Gall avec la LomoChrome Metropolis

La photographe Marie Le Gall crée des photos magnétiques qui révèlent l'émotion de l'intime. Dans sa pratique, elle s'attache à explorer et interroger la relation que nous entretenons avec notre corps, la nature et l'espace de la maison. Le caractère fascinant de ses images est renforcé par son choix de l'argentique. Utilisant l'appareil photo à la fois comme outil et comme témoin de la beauté brute des corps, ce médium lui permet de capturer des images pleines d'authenticité et de douceur. Marie s'est emparé de notre pellicule LomoChrome Metropolis en format 120 pour développer sa dernière série d'images. Dans cette interview, elle nous en dit plus sur ses débuts dans la photographie et sur son processus de création.

Photo prise par Marie Le Gall avec la pellicule LomoChrome Metropolis 120 ISO 100–400.

Bonjour Marie et bienvenue dans notre Magazine Lomography ! Pourrais-tu te présenter à nos lecteurs et lectrices ?

Je suis photographe en argentique basée à Paris mais toujours en mouvement. J’ai déménagé dans différents endroits tels que Tahiti, le Maroc, les États-Unis, et d'autres villes françaises, tous les deux ou trois ans tout au long de mon enfance. Ayant grandi entourée de cultures, d'environnements et de personnes diverses, ma photographie interroge la relation entre les personnes et les lieux. Une grande partie de mes influences viennent de la nature, de l’espace du chez soi, de la maison et d'une fascination pour approfondir la compréhension de soi. Mon travail explore la féminité, l'intimité et des sujets comme la santé mentale (dépression, Alzheimer, rupture) à travers le portrait intime et la photographie documentaire, dans l'espoir de déstigmatiser les sujets portant sur la nudité, le corps et l'esprit humain. Quelle que soit la série photographique dans laquelle je travaille, je souhaite raconter des histoires humaines de manière poétique et authentique. Je collabore également avec des marques de mode et, si elles le souhaitent, j’assure moi-même la direction artistique. Mon travail a été publié dans des magazines tels que Vogue Italia, C-Heads et y35mag et a été exposé en France. Je ne vis pas de la photographie actuellement mais espère qu’un jour j’aurai cette chance.

Photos prises par Marie Le Gall avec la pellicule LomoChrome Metropolis 120 ISO 100–400.

Depuis quand pratiques-tu la photographie argentique ? Comment as-tu commencé ?

La photographie m’a toujours traversée. Un fil d’Ariane que je n’ai saisi qu’en 2013 pendant mes études au Conservatoire régional d’art dramatique de Paris. Je prenais en photo les répétitions et mes camarades. Pour mon projet de fin d’études j’ai créé une installation immersive mêlant le son, la vidéo, la performance et la photographie. En 2017, je suis partie en Biélorussie pour mener un projet photographique documentaire sur des artistes biélorusses de la scène underground. J’ai rencontré un photographe qui m’a offert mon premier appareil argentique. Un Zenith EM. Mes premières images sont terribles (rire) car le focus sur cet appareil et de l’objectif était difficile à faire pour moi. Mais, j’en suis tombée amoureuse immédiatement. Et puis, je trouve cela joli de se dire que tout a commencé dans le flou. Un flou de bougé où tout est et sera en évolution. Ça aide à accepter et à faire le deuil des images qu’on aime moins, et les ratées. J’ai appris sur le tas au fil de mes projets et ai suivi un cours de photographie à l’université qui m’a conduite à participer au Campus Photographique du festival Promenades Photographiques à Vendôme et à y exposer. Je suis très proche de la conception que le photographe Raymond Depardon peut avoir. Il y a quelque chose d’un peu religieux dans la photographie argentique. Il faut certes être un peu entraîné pour avoir les bons réflexes techniques. Mais on sent dans toute photo réussie une grande confiance faite au réel et aux gens photographiés. Et cette confiance au réel, à l’après, au moment et à soi, j’en manquais et la photographie me l’a donnée.

Photos prises par Marie Le Gall avec la pellicule LomoChrome Metropolis 120 ISO 100–400.

Qu'est-ce que cette pratique a pu t’apporter ?

La photographie argentique m'a permis de rechercher et de travailler avec la matière organique, les textures, les peaux, les formes humaines et naturelles de la manière la plus authentique. Le film est une matière organique que je peux toucher et visualiser. Cela donne à la photographie une autre couche. Une autre couche de texture, une couche d'expérience, une couche d'émotion qui suscitent mon intérêt. Pour moi, c'est comme si mes yeux, ma vision, la texture de mes doigts allaient à l'intérieur de l'appareil photo quand je photographie. Et cela définit l'authenticité, l'intimité.

Comme j'ai commencé avec le numérique, j'ai pu comparer mon comportement et mes émotions tout en prenant des photos avec les deux. Le processus de prise de vue en argentique est intime tandis que le numérique crée un filtre, un verre, une fenêtre entre mes yeux et ce que je photographie. En demandant à des femmes de poser nues, la photographie argentique m’a permis d’être en lien permanent avec elles, sans avoir de retour direct sur ce que je photographie et de rester ancrer dans l’instant présent. Le résultat est important mais la connexion l’est davantage. J'aime donc prendre le temps tant pendant le shooting qu’après pour faire développer mes images et les regarder. Je suis un peu tortue (rire). Mais cette approche me permet d’être au plus près de ce que je souhaite transmettre, d’être vraie. La photographie telle que je la conçois et l’aime est une ode à la patience et à la lenteur comme peut l'être la spiritualité. Je m'occupe des aspects techniques et pratiques. Je ne développe pas mais j'ai appris à imprimer, ce qui m'a permis de préserver un lien organique avec la photographie bien après le moment où j'ai pris la photo.

Quels sont les sujets que tu préfères photographier ?

Les sujets communs dans mon travail tournent autour de la vulnérabilité, de la féminité, de l'intimité, des états émotionnels, et des liens que nous entretenons entre êtres humains, avec soi-même et la nature. J’ai toujours été entouré par la nature à travers les voyages et les expatriations successives, et par la nudité qui n’a jamais été un sujet tabou dans ma famille. Je suppose que cela fait partie de mon identité de photographe et de mon désir d'apporter aux autres ce sentiment de confort avec la nudité, de leur montrer que cela n'a pas à être tabou, et que cela n’est certainement pas sexuel. Je crois que nous sommes étroitement liés à la nature et que passer du temps avec elle nous aide à la comprendre, et est libérateur pour soi. J'ai énormément de respect pour la terre, comme pour notre corps, et je vois beaucoup de corrélations entre les deux. Ce sont nos deux maisons qui méritent plus d'amour qu'elles n'en reçoivent.

Photos prises par Marie Le Gall avec la pellicule LomoChrome Metropolis 120 ISO 100–400.

Tu as testé la LomoChrome Metropolis 120 qu’en as-tu pensé ?

C’était un challenge d’utiliser une autre pellicule que la Kodak Portra 400 que je prends d’habitude. J’aime qu’il y ait une cohérence dans mes images, une couleur et des nuances qui communiquent entre toutes les photographies. Je ne savais donc pas à quoi m’attendre mais j’étais très heureuse de pouvoir tenter une nouvelle approche avec cette pellicule. Je remercie Lomography de m’avoir permise de vivre cette expérience photographique. J’ai testé la pellicule sur mon Hasselblad en 400 ISO et 200 ISO. Le grain est plus présent en 400 ISO et les couleurs sont plus désaturées et présentent un fort contraste.

Je suis partie en Islande pour un projet photographique et j'ai rencontré Berta. J’ai décidé de prendre des portraits, du nu et du paysage pour créer une série qui me ressemblerait quelque soit la couleur, les tons et le rendu des images. Puis, j’ai rencontré Louise également dans le cadre de ce même projet et j’ai terminé la pellicule à mon retour à Paris. J’ai composé un triptyque qui de la même manière pourrait s’ancrer au cœur de mon travail sur l’intime et qui présente un jeu de lumières sur le corps avec lequel j’aime jouer.

Le résultat était inattendu. Les tons sont différents de mes images mais j’aime ce côté dramatique que cela apporte. Il y a une sorte de brutalité avec ces tons de cyan que j’ai trouvée très intéressante puisqu’elle donne une authenticité pure et assez radicale aux images. La pellicule donne aussi une texture brutale à la peau. Les images que j’ai faites de Berta dans l’eau donnent également cette impression de pureté tout en ayant une once de magie grâce au contraste plus marqué.

Photo prise par Marie Le Gall avec la pellicule LomoChrome Metropolis 120 ISO 100–400.

Que veux-tu transmettre avec ces photos ?

La série avec Berta en Islande porte sur l’incarnation du corps et de la nature. J’aime photographier la peau, la carnation, la relation que le corps entretient avec l’eau et la lumière. Le paysage vient seulement planter le décor de ce voyage.

Le triptyque avec Louise porte davantage sur l’intimé. Ce rayon de lumière récurrent sur le corps est un des traits caractéristiques de mon travail. J’ai donc voulu photographier cela avec la LomoChrome Metropolis 120 pour être surprise d’un autre rendu. Les couleurs sont plus sombres et la texture plus compacte, plus lourde avec une désaturation intéressante qui viennent du même coup raconter quelque chose.

Photos prises par Marie Le Gall avec la pellicule LomoChrome Metropolis 120 ISO 100–400.

Est-ce que la LomoChrome Metropolis 120 a pu t’apporter un plus pour tes shootings ?

Le processus a été ludique et créatif puisque je n’avais aucune idée du rendu. Entre les photos prises en intérieur et celles prises en extérieur au soleil, que la lumière soit brutale ou plus douce, c’est une pellicule qui permet de rejouer ses sujets préférés tout en apportant autre chose.

Les séries photos que j’avais pu voir précédemment avec cette pellicule montrait des images urbaines, des portraits dans la ville et un aspect cinématographique. J’ai souhaité approcher cette pellicule comme j’approche le reste de mon travail, en restant fidèle à ce que j’aime photographier : les corps, l’intimité. Cela a pu m’apporter une sorte de lâcher prise et de liberté que je ne prends pas toujours au cours de mes shootings. L’argentique force irrémédiablement au lâcher prise car on ne voit pas le résultat mais travailler avec une pellicule qu’on ne connaît pas c’est encore plus d’inconnu. Et c’est excitant !

Photo prise par Marie Le Gall avec la pellicule LomoChrome Metropolis 120 ISO 100–400.

As-tu d’autres projets à venir que tu aimerais bien partager avec nous ?

Je travaille actuellement sur le projet de mon premier livre qui mêle photographies et poèmes, dans lequel j’explore le sentiment de la maison et du chez soi à travers le corps des femmes. Ce projet participe à la compréhension et libération de soi, à l’acceptation et l’appréciation de son propre corps tout en redéfinissant l’idée de frontière et de la maison.
Une belle publication dans un magazine est à venir courant septembre. J’espère aussi pouvoir collaborer avec des artistes dont j’adore le travail et organisé bientôt avec une amie photographe quelques jours de création collaborative.


Pour voir plus de photographies prises par Marie Le Gall, vous pouvez visiter son site internet ou son Instagram.

Retrouvez la pellicule LomoChrome Metropolis sur notre boutique en ligne.

écrit par florinegarcin le 2022-09-10 dans #équipement #people

LomoChrome Metropolis XR 100–400 (120)

Ce film a une formule chimique unique, spécialement conçue par Lomography, qui désature les couleurs, atténue les tons et fait ressortir les contrastes.

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