La photographie de @julientixier avec le Diana F+

Vous avez peut-être déjà croisé @julientixier et ses créations en parcourant la partie LomoHomes de notre site ! Julien préfère la spontanéité à la technique, il aime l'improvisation et la simplicité dans la photographie, il n'utilise aucune technique spécifique, uniquement son intuition ! Évoluant dans le milieu musical, il photographie des artistes et des chanteuses. Avec ses clichés il cherche à transmettre de la liberté, de la mélancolie et du désir, pour lui, utiliser le Diana F+ lui permet de faire exactement cela !

Photo prise par Julien Tixier avec le Diana F+.

Bonjour Julien et bienvenue dans notre Magazine ! Pour que les membres de la Communauté te connaissent, pourrais-tu te présenter ?

J'ai dessiné pour l'édition pendant dix ans environ. J'ai commencé tôt, j'avais vingt ans. Des couvertures, des dessins pour des magazines, quelques albums. Mais un jour j'ai dû me rendre compte que ça m'amusait moins, voire plus du tout. Il n'y avait plus trop d'envie, et surtout plus de besoin. Donc tout naturellement j'ai décroché. J'y reviendrai peut-être un jour, mais je me suis plus consacré à l'écriture. Mais finalement l'image devait me manquer, alors me voilà à faire aussi des photos.

Quel a été ton parcours dans l’univers de la photographie argentique ?

C'est très récent. Faire de la photo, argentique ou non, ça ne m'avait jamais attiré. Parce que je n'avais que la vision de ces photographes obsédés de technique, prisonniers de ça. Je les voyais traîner avec eux plein d'appareils, plein d'objectifs, réfléchir beaucoup trop sur à peu près tout avant de cliquer. La sensibilité me paraissait très lointaine, on était plus dans la notice d'utilisation. Pour moi, c'était surtout ça la photo. Un truc très complexe, tellement dirigé par la technique que ça ne pouvait qu'être très ennuyant. Et puis j'ai rencontré un copain qui avait un Holga. L'approche me paraissait totalement différente. Je trouvais les rendus beaux et la simplicité me plaisait beaucoup. En 2019, il est tombé sur un vieux Diana F+ et je l'ai récupéré. J'ai passé deux pellicules. J'en ai envoyé une dans un magazine d'art à Paris. Et mes photos ont été sélectionnées pour être publiées. Je me suis dit « il y a peut-être un truc à faire ! », que la photo ça peut être facile. Et j'ai commencé à prendre de plus en plus de photos. C'était très immédiat pour raconter à ce moment-là de ma vie les choses que j'avais envie de raconter.

Photos prises par Julien Tixier avec le Diana F+.

Qu’est-ce que la pratique de l’argentique apporte à ton quotidien ?

Je pense que ça m'aide à me souvenir des choses. Comme je n'ai jamais pris de photos, je n'ai aucune trace de ce qui m'a entouré. Aucune photo souvenir de soirées, quasiment aucune de vacances. Pas de photos de mes parents, pas de photos de mes amis. Je n'y accorde pas vraiment d'importance et ça n'en a pas beaucoup probablement. C'est vécu, voilà. Mais à la fin ça fait beaucoup de vide. Alors prendre des photos, ça me permet de poser désormais quelques balises. Pour en revenir à l’argentique, j'aime le rapport avec lui. Tu n'as pas de contrôle. Je devrais doubler ou tripler mes photos pour assurer, mais je ne le fais pas, donc forcément la plupart sont ratées ou ne me conviennent pas. Et le moment qui va avec est perdu. Ce n'est pas grave. Il y a une certaine forme de nonchalance dans l'argentique. Peut-être même de réaction face à une époque très bordée, très propre et dans le contrôle. Et ça me plaît.

D’où est venue l’idée de photographier des chanteuses ?

Il n'y a pas vraiment eu d'idée. J'ai écrit quelques chroniques sur la musique donc j'ai été amené à en rencontrer. Certaines sont devenues des copines, des amies. Au départ ce sont elles que je photographie, pas les chanteuses. Après je sais très bien que derrière leur activité et l'imaginaire qui va avec, elles peuvent conférer une valeur particulière à mes photos. C'est ça qui est aussi intéressant. Même si désormais je contacte aussi des artistes, je me débrouille pour que les photos restent spontanées. On ne réfléchit pas vraiment avant à ce que l'on va faire. On improvise. C'est très bien de ne pas tomber dans un cadre précis, bien délimité de shooting promo. Je ne suis pas certain que ça me conviendrait.

Photos prises par Julien Tixier avec le Diana F+.

Que représente pour toi la photographie de nus ?

Si tu ouvres un livre de photos de nus, tu tomberas très souvent sur une forme bien précise de nu. C'est très référencé, très codifié. C'est le corps et l'esthétique propre à celui-ci qui sont les sujets des photos. Il n'y a pas vraiment de recherche esthétique dans les miennes. Du moins je crois. Plutôt que du nu, je dirais plus qu'il m'arrive de shooter des personnes qui sont nues. La différence est tenue mais ça me paraît plus juste. Si par exemple tu shootes des personnes qui font un bain de minuit, et même si c'est mis en scène, ce n'est pas les nus que tu photographies mais principalement le bain de minuit et la liberté qu'il représente. En fait je ne fais de différence entre toutes mes photos, ce n'est pas cloisonné. Il s'agit d'un même ensemble que j'essaie de construire et dans lequel j'aimerais qu'il se dégage à chaque fois un besoin de liberté, de jeunesse, de désir au sens large. Des espaces ouverts ou resserrés, très mélancoliques aussi. Un nu, un paysage ou une chanteuse, c'est souvent juste une nuance de cet ensemble. C'est comme ça que je le vois en tout cas. Pour l'instant.

Tu utilises beaucoup le Diana F+, quelles caractéristiques te plaisent le plus dans cet appareil ?

Je dirais surtout l'absence de réglages. Comme je te disais, il y a dans la photo chez certains des discours qui me sont étrangers, uniquement techniques et plus fonctionnels qu'autre chose. Je trouve ça assez réducteur. Ça bloque plein de trucs, car on arrive sur des certitudes. Dernièrement je lisais quelqu’un dire « pour faire une belle photo il faut avant tout une belle lumière. » Pourquoi ? Moi, je ne sais pas pourquoi. Il y a plein de belles photos avec une lumière affreuse, non ? Tout ça, ce sont justement des trucs qui ont eu tendance à m'éloigner de la photo et à me faire dire ce n'est pas pour moi. Le Diana F+ pousse à avoir une approche beaucoup plus libre, moins scolaire. C'est de l'instinct. Tu shootes, tu tentes et tu verras. C'est poussé à l’extrême. Je parlais de jeunesse et de désir avant, et bien le Diana colle avec ça. Il impose le lâcher prise, l'impulsion, le déclic. C'est amoureux, un peu.

Photos prises par Julien Tixier avec le Diana F+.

Est-ce que le Diana F+ a pu t’aider à trouver un style photographique ?

Il l'accompagne, c'est certain. Sa quasi absence de réglages impose des choix, et esthétiquement j'aime sa netteté aléatoire, son rendu très brut, imparfait, mais aussi assez neutre pour pouvoir placer sa personnalité. Une amie me disait qu'il y avait dans le Diana une approche presque punk. Je suis d'accord avec cette image. C'est radical et direct. Quand je regardais les livres de photos, de toute façon j'étais toujours attiré par celles avec du grain, un peu approximatives. Je m'arrêtais toujours sur les moins propres, les plus brûlées ou sous-exposées. Alors je m'y retrouve maintenant. Mais il y a d'autres appareils que j'aimerais bien tester.

As-tu d’autres projets à venir que tu aimerais partager avec nous ?

Je n'ai pas réellement de projets. J'aime imaginer mon travail sur la durée, avec à la fin tout qui arriverait à s'articuler parfaitement. Mais tu vois, il y a quelques années je m'ennuyais dans une soirée, et j'ai ouvert un livre qui traînait. Ça devait être un photographe américain, je ne me souviens plus. Il s'était lancé dans un road trip avec une fille, et de mémoire il photographiait tout ce qu'il pouvait photographier. Sans notion d'esthétique. Il y avait de tout, du flash, du sous-exposé, du surexposé, des photos que beaucoup diraient ratées. Il photographiait leur quotidien, il photographiait tout, même quand ils couchaient ensemble. Bon, c'était sûrement scénarisé mais c'était rock. Vraiment très rock. Ça respirait la vie, de partout. Il y avait un texte avec. Ça, ça pourrait me plaire. J'aimerais pouvoir faire ça. Pas forcément un road trip, mais un truc du genre, n'importe quoi, texte et image, mais aussi nonchalant. Aussi beau.


Si vous souhaitez voir plus de photos prises par Julien Tixier vous pouvez visiter sa LomoHome et son Instagram.

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2022-08-14 #équipement #people

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