Rencontre avec Johanna L. Rönn à l'occasion de son exposition "The Moments in Between" chez Poltred

La photographe suédoise Johanna L Rönn, était la grande gagnante du prix du public de l’édition 2020 du concours One Roll de Poltred. Le concept de ce concours ? Soumettre une planche contact travaillée, et 6 tirages issus d'une unique pellicule noir et blanc. Partenaire du projet, Lomography a eu le plaisir d'offrir des pellicules de la gamme Lomography Kino B&W à Johanna. Cette dernière a choisi nos pellicules à faible sensibilité Fantôme Kino 8 ISO et Babylon Kino 13 ISO pour réaliser ses images. Pour Johanna, la photographie est comme de la méditation et nous étions curieux d'en savoir plus sur sa pratique. Découvrez notre entretien sans plus attendre.

Photo prise par Johanna L. Rönn avec la pellicule Fantôme Kino B&W 8 ISO 35 mm.

Bonjour Johanna, bienvenue sur le Magazine Lomography ! Pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je suis une photographe suédoise autodidacte et la photographie rend simplement ma vie plus riche ! Je prends des photos presque tous les jours et je planifie rarement mes séances photo à l'avance. Ce que je ressens et ce que je finis par voir, c'est ce que je photographie. C'est un moment pour ressentir une présence complète et c'est le moment où je me rapproche le plus de la méditation. La photographie m'offre un moment pour réinitialiser mon esprit et être seule avec mes pensées.

Comment est née ta passion pour la photographie ?

Je peins, dessine et écris depuis que je suis enfant. La peinture, le dessin et l'écriture ont pendant longtemps été mes mediums d'expression principaux et même si j'y prenais beaucoup de plaisir, je n'ai jamais eu l'impression d'avoir vraiment trouvé l'adéquation parfaite pour exprimer ce que je visais et voulais exprimer. Puis en 2012, j'ai emprunté un appareil photo numérique à un ami. C'est lui qui m'a proposé de l'emprunter, il a dit qu'il pensait que ça me plairait, il avait tellement raison ! Je lui serai éternellement reconnaissante pour sa générosité et sa gentillesse. J'ai vraiment eu l'impression d'avoir trouvé l'outil qu'il me fallait et j'ai ensuite fait de la photographie numérique pendant six ans. Puis un jour, par hasard, en cherchant autre chose, j'ai trouvé le vieux Nikon EL2 de 1972 de feu mon beau-père dans notre grenier. L'appareil était dans sa boîte d'origine, tout était en parfait état. J'ai juste mis une nouvelle pile et inséré un rouleau de film noir & blanc. J'ai apporté le film au club photo le plus proche et on m'a aidé pour le développer. À partir du moment où j'ai ouvert et déroulé le film et vu les négatifs, je suis devenue complètement accro à la photographie argentique !

Photos prises par Johanna L. Rönn. Photos 1 & 2 prises avec la pellicule Babylon Kino B&W 13 ISO 35 mm. Photos 3 & 4 prises avec la pellicule Fantôme Kino B&W 8 ISO 35 mm.

Si tu devais décrire ton univers et tes photos en 5 mots, quels seraient-ils ?

Intime, calme, sincère, onirique et doux.

Qu'est-ce qui te plait dans la photographie argentique et dans l'expérimentation qu'elle apporte ?

Ce que j'aime dans la photographie argentique, ce sont les nombreuses possibilités créatives qu'elle offre ! Du choix de l'appareil photo, de l'objectif, de la pellicule, de la manière de l'exposer, de le développer et de le tirer sur papier. Il y a tellement d'étapes pour s'exprimer et développer son propre langage créatif ! J'adore expérimenter dans la chambre noire et c'est une joie sincère et enfantine quand on peut s'enfermer dans cette pièce et juste jouer ! Les heures disparaissent comme par magie ! C'est un véritable artisanat et c'est comme une leçon de toute une vie pour maîtriser le développement. Vous pouvez toujours en apprendre plus !

Tu es la lauréate du concours One Roll de Poltred. Peux-tu nous parler de cette expérience et de ton exposition qui est actuellement visible à Lyon ?

Cela me rend assez nerveuse de participer à des concours et je le fais très rarement. C'est très intimidant de donner votre travail à juger à d'autres. Ma photographie est une grande partie de qui je suis, j'y mets tout mon cœur, le sentiment que quelqu'un critique est effrayant ! Mais, quand j'ai découvert "One Roll", j'ai adoré l'idée ! Cela m'a plu de participer avec un seul rouleau de film et avec des tirages réalisés en chambre noire. C'était parfait pour moi ! J'ai utilisé le Nikon EL2 et j'étais tellement reconnaissante et heureuse quand j'ai découvert que j'avais gagné ! Cela signifiait vraiment beaucoup pour moi. En partie parce que c'était analogique, cela me semblait très important car j'aime l'artisanat et le processus. Pour moi, c'est en quelque sorte plus que de la photographie. Quand je prends des photos en argentique, j'ai vraiment besoin de ralentir. Réfléchir et prendre mon temps. En ce sens, la photographie analogique m'aide à voir les choses, la vie, d'une manière plus détendue. C'est plus que de la photographie !

Exposer à Poltred était un de mes rêves depuis longtemps ! Une exposition personnelle dans une galerie est une expérience de rêve et je suis très heureuse (heureuse est vraiment un euphémisme !) d'avoir eu cette opportunité ! Poltred est un endroit tellement incroyable et j'adore la façon dont ils ont organisé mon exposition "The moments in Between". L'exposition se compose de 33 photos analogiques et le titre vient de ce qu'est la photographie pour moi. Ce sont les moments entre tous mes liens et mes devoirs, ce sont les moments où je me sens le plus proche de moi et de ce que je ressens. Ce sont les moments où la vie ordinaire s'arrête un instant et où de véritables rencontres sont captées. Avec l'exposition, j'espère que le spectateur ressentira un véritable moment de calme et d'intimité et qu'il se sentira en quelque sorte le bienvenu pour partager ces moments avec moi.

Photos prises par Johanna L. Rönn avec la pellicule Fantôme Kino B&W 8 ISO 35 mm.

Qu'est-ce que tu as pensé de nos films Babylon Kino et Fantôme Kino ? Est-ce que tu apprécies photographier avec ces films peu communs qui ont un bas ISO ?

J'aime vraiment essayer de nouveaux films et je pense que c'est un excellent moyen d'en savoir plus et de relever un défi ! J'oublie souvent d'utiliser mon trépied mais avec un ISO aussi bas, j'ai dû l'utiliser. J'aime beaucoup la finesse du grain et la gamme de gris pour mon travail de portrait avec la pellicule Fantôme. De plus, j'ai dû changer un peu les heures de la journée auxquelles je photographie. J'utilise habituellement la lumière de la fin d'après-midi ou du soir, mais avec ces films, c'était agréable de pouvoir photographier sous une lumière plus vive en pleine journée ! J'ai développé les deux films en HC-110 et je suis vraiment contente du contraste et des noirs sur les photos !


Pour voir plus de photographies prises par Johanna, vous pouvez visiter son site et son Instagram.

L'exposition "The Moments in Between" est visible jusqu'au 13 août chez Poltred à Lyon, pour plus d'informations visitez leur site. Vous pouvez aussi suivre Poltred sur Facebook et Instagram.

Découvrez le monde de la photographie bas ISO avec la Fantôme Kino et la Babylon Kino qui offrent respectivement un contraste fort magnifique et un spectre tonal nuancé. Disponibles sur notre boutique en ligne.

2022-06-23 #équipement #people #lieux #fantome-kino #babylon-kino

Produits mentionnés

Fantôme Kino B&W 35 mm ISO 8

Fantôme Kino B&W 35 mm ISO 8

La pellicule Fantôme Kino est parfaite pour le sténopé, les portraits envoutants et les scènes urbaines brutes. Avec son ISO bas et sa faible latitude d'exposition, ce film Noir & Blanc percutant permet de facilement obtenir des résultats intenses avec peu de grain et des contrastes dynamiques. La pellicule Fantôme Kino B&W Film immortalise les moments de la vie avec son magnifique Noir & Blanc théâtral.

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