William Guilmain et son ouvrage photographique : "Je est une autre"

William Guilmain, photographe et auteur de "Je est une autre", échange avec nous à propos de son livre et de sa passion pour la photographie argentique. Au travers de son interview, il nous explique en quoi consiste son ouvrage, d'où vient son inspiration et les outils qu'il utilise pour mener à bien son projet. Pour ses photos, William s'est servi de l'iconique appareil argentique Holga et de pellicules comme la Lomography Redscale 120. Dans cette interview, il nous parle de l'importance des pellicules pour les artistes et comment il s'en sert pour pousser sa créativité

Photo prise par William Guilmain, avec la pellicule Lomography Redscale XR 120 ISO 50–200.

Bonjour William, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

Après avoir travaillé plusieurs années dans la recherche biomédicale je mène à présent une double vie de précepteur et d’auteur-photographe même si je préfère me désigner comme artiste-photographe car je ne pratique pas la photographie de service. J’ai découvert la photographie jeune adulte il y a vingt ans. Je m’exprimais à l’époque essentiellement au travers de mes écrits et de poèmes. C’est la découverte du livre « Errance » de Raymond Depardon qui m’a donné envie de débuter la photographie. J’ai constaté progressivement que j’écrivais de moins en moins et que je photographiais de plus en plus. La mutation s’était opérée... Ma photographie est polymorphe. Je travaille en série au gré de mes envies.

Photos prises par William Guilmain, photo 1 et 3 prises avec la pellicule Lomography Redscale XR 120 ISO 50–200.

Comment as-tu découvert Lomography et qu'est ce que Lomography représente pour toi ?

Il me semble que mon premier contact avec Lomography date de 2014 lors d’une visite d’une boutique Lomo à Paris. Je participais à ma première exposition en galerie à Paris. J’avais été intrigué par tous ces curieux appareils mais finalement les choses en restèrent là. Ce n’est qu’en 2017 que j’ai repris la photographie argentique, au polaroid d’abord, puis avec le Holga 120. C’est le site en ligne de Lomography qui m’a permis de trouver les premières informations dont j’avais besoin pour me lancer dans la photographie avec des « toy cameras ». Lomography représente pour moi une société dynamique et innovante qui ouvre en permanence des portes créatives nouvelles pour sa communauté. En outre c’est une société fiable. Cela n’a l’air de rien mais quand on se lance dans un projet argentique sur plusieurs années il n’y a rien de pire de voir s’arrêter la production d’un film avec lequel il s’est construit !

Photos prises par William Guilmain, photo 1 prise avec la pellicule Lomography Redscale XR 120 ISO 50–200.

Pourrais-tu nous parler de ton livre "Je est une autre" ?

« Je est une autre » est un livre publié sous le principe de l’édition participative par « Corridor Elephant » qui est une maison d’édition promouvant les photographes émergents. Ce livre est le résultat de trois ans de travail sur la base d’une série entièrement réalisée en argentique. « Je est une autre » est une invitation au rêve, à la poésie et à la féminité. Ce livre est une échappatoire au monde, un paradis de poche à déployer quand le monde devient trop laid. Dans ce livre les frontières des choses et des êtres deviennent floues. Le monde se désincarne et se réincarne en une danse incessante. Le temps se suspend, s’accélère. Le fil de la vie s’accroche aux branches, la jeunesse se rembobine, la maturité se présente, le temps n’a plus d’importance. Les regrets deviennent acceptables.

Photos prises par William Guilmain.

Pourquoi as-tu choisi d'utiliser le Holga pour ce projet ?

L’utilisation du Holga s’inscrit dans une démarche technique et philosophique. Dans ma démarche artistique je recherche une forme de lâché prise et de minimalisme. L’absence de fonctions superflues du Holga aide l’esprit à se consacrer à la créativité, c'est-à-dire l’essentiel. En outre je suis très friand des imperfections et des défauts optiques du Holga. Les imprévus qu’il génère, pourvu qu’on y soit ouvert, sont des sources esthétiques créatrices infinies. En outre je suis très friand des possibilités de surimpression qu’on peut créer. C’est définitivement l’appareil idéal pour attraper les rêves ! Enfin et ce n’est pas rien, c’est un appareil qui permet de pratiquer le moyen format sans se ruiner.

Photos prises par William Guilmain, avec la pellicule Lomography Redscale XR 120 ISO 50–200.

Qu'est-ce qui te plait chez la pellicule Lomography Redscale ?

Pour moi, le matériel n’est jamais une fin en soi, mais un moyen d’arriver au résultat que je souhaite. À cet égard les pellicules sont autant de tubes de peintures au service de l’artiste. La Lomography Redscale m’a aidé à obtenir les rendus oniriques que je souhaitais pour cette série. Les couleurs surréalistes et chaudes qu’elle me permet d’obtenir sont étonnantes. C’est une pellicule qui nécessite un temps d’apprentissage pour en exploiter tout son potentiel en termes de rendu et d’exposition mais qui est souvent source d’une immense satisfaction quand le résultat est au rendez-vous. Son étendue ISO, flexible, est aussi un atout lorsqu’on travaille sans posemètre comme je le fais.


Si vous souhaitez en savoir plus sur la photographie de William Guilmain, vous pouvez aller voir son Instagram ou sa Lomohome @picturepoestry.
Son livre "Je est un autre" est publié en édition limitée par Corridor Elephant.

Vous pouvez également retrouver notre pelliculle Redscale sur notre boutique en ligne, disponible en format 35 mm, 120 et 110.

2022-03-22 #équipement #people

Produits mentionnés

Lomography Redscale XR 50-200 35mm

Lomography Redscale XR 50-200 35mm

Le large gamme de la Lomography Redscale XR 50-200 35mm permet de la souplesse et des possibilités illimitées.

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