Rencontre avec Maxime Gobet gérant de L'imaginarium du Photographe

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En 2016, Maxime Gobet a décidé de se lancer pour vivre pleinement de sa passion en ouvrant sa boutique dédiée à la photographie : L'imaginarium du photographe. Un espace de revente mais surtout un espace d'échange dans lequel il est possible de faire des expositions et des développements photo. Très investi dans le monde de la photographie, il a créé l'Association Monstre et nous avons pu le retrouver comme jury des Lomography Awards de 2020.

Bonjour Maxime et bienvenue sur le Magazine Lomography ! Pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Maxime, j’ai 31 ans, j’habite à Clermont-Ferrand, et je suis le gérant de l’Imaginarium du Photographe, dans le centre-ville de Clermont.

Photos de L'imaginarium du photographe prises par Maxime.

Tu as ouvert l'Imaginarium du Photographe en 2016, pourquoi ce nom ? Et pour quelles raisons as-tu décidé d'ouvrir cette boutique dédiée à la photographie argentique ?

Partant de rien, sans expérience dans le commerce, il m’a fallu environ 1 an pour effectuer toutes les démarches et trouver le local idéal. Cela m’a donc laissé du temps pour trouver un nom… ! « Imaginarium » est un mot qui me plait, qui éveille la curiosité, et qui contient le mot « image ». Pour la boutique, je voulais un nom de lieu, pour qu’il soit facile d'identifier la boutique par ce nom, autre que « L’atelier », « le hangar », etc… qui sont un peu trop communs. C’est un peu cliché de dire ça, mais j’ai ouvert la boutique pour essayer de vivre de ma passion, et la transmettre au plus grand nombre. À travers la boutique, j’essaye de pendre une petite part dans le maintien de la photographie argentique, et même la démocratisation de cette pratique aux générations qui ne l'ont pas forcément connue.

Quelles sont les activités principales de ta boutique ?

Pendant les deux premières années, la boutique était plutôt orientée vers la vente de matériel : Lomography, Polaroid et Fujifilm pour le neuf, et beaucoup d’occasions. Désormais, je m’oriente de plus en plus vers le service, avec une demande grandissante pour le développement des films et le tirage sur papier. On me demande également de la chimie et du matériel pour développer à la maison, et surtout, des conseils, que je donne toujours avec plaisir :)
La boutique comprend également une partie « salle d’exposition », où j’essaye de programmer une nouvelle expo chaque mois.

Quels défis as-tu relevés pour ouvrir un magasin spécialisé dans l'argentique ? Et quels sont les défis que tu rencontrent encore aujourd'hui ?

Je connaissais assez bien le marché pour m’y intéresser depuis plusieurs années, et pour avoir interrogé plusieurs entreprises déjà bien implantées (Lomography à Paris et Barcelone, Nation Photo à Paris, etc…). J’étais donc assez confiant sur la demande, le plus dur a été de convaincre les banques et autres organismes de financement qui doutaient beaucoup du projet, pensant que l’argentique n’avait plus sa place face au numérique.
Les défis d’aujourd’hui : faire face à la très grande demande ! La boutique s’est assez vite développée, tous les clients sont bienveillants et parlent de la boutique à leurs connaissances, et la demande est parfois très importante… Mais c’est une bonne problématique ! :)
Plus sérieusement, une difficulté que je n’avais pas vraiment anticipée : le manque de matériel neuf pour le labo. On peut encore trouver du matériel pour les gros laboratoires (avec des entreprises qui s’occupent de l’entretien), du matériel pour les particuliers, mais il n’y a quasiment plus de matériel pour les labos intermédiaires comme le mien. Il faut donc trouver du matériel d’occasion (processeurs de développements et scanners), et se débrouiller seul pour les faire fonctionner et les entretenir.

As-tu remarqué une évolution dans le marché de l'argentique depuis l'ouverture de l'Imaginarium du Photographe ? Un changement de clientèle ?

La clientèle, assez jeune, n’a pas beaucoup changé (entre 16 et 35 ans). La demande augmente très régulièrement, et pas seulement sur Clermont-Ferrand. Le meilleur moyen de s’en rendre compte : les pénuries sur certaines références de pellicule sont très fréquentes, et il faut être assez réactif pour réussir à proposer le plus de références possibles de pellicules.

À ton avis, pourquoi continuons-nous à prendre des photographies argentiques aujourd'hui ?

Plusieurs choses peuvent l’expliquer. Le rendu des images, aléatoire, imparfait et parfois poétique, joue pour beaucoup. Les images sont beaucoup moins « lisses » que ce que retransmet un capteur numérique.
Un autre point, que j’évoque souvent, mais qui me semble important : nous possédons tous un smartphone, qui permet de facilement faire des photos de qualité, sans matériel photo numérique. Ainsi, on peut très facilement sortir avec un appareil argentique sans trop s’encombrer, et garder l’option smartphone pour des photos numériques. Le prix joue également, car il est facile de se procurer du matériel argentique de qualité pour une somme dérisoire, voire d’en ressortir du grenier… ;)

Photos prises par Maxime.

Tu revends les produits Lomography, si tu étais l'un de nos appareils ou l'une de nos pellicules, lequel ou laquelle serais-tu ?

Mes clients peuvent en témoigner, j’adore le Sprocket Rocket ! En particulier, la possibilité de pouvoir revenir en arrière en cours de pellicule, pour pouvoir faire des superpositions à l’infini :) Et pour le film, j’aime beaucoup le rendu chaleureux et la flexibilité qu’offre la qu’offre la Color Negative 800 ISO.

Tu fais également vivre la photographie argentique à Clermont-Ferrand avec l'Association Monstre. Peux-tu nous en dire plus ?

Nous avons monté cette association avec 3 autres photographes (Marielsa Niels, Pascal Aimar et Niclas Carletta) pour proposer des événements autour de la photographie (workshops, protections, débats, etc…), et profiter de la salle d’expo de l’Imaginarium pour monter des projets collectifs. Malheureusement, nous avons lancé celle-ci alors que la pandémie était déjà là, et pour l’instant, tous nos projets sont en pause… Mais c’est une bonne occasion pour réfléchir et affiner toutes nos futures propositions !

En cette période de pandémie, quelles sont les actualités ou quels sont les projets à venir pour l'Imaginarium du Photographe?

J’ai la chance de pouvoir compter sur le soutien de mes clients, qui continuent à venir à l’Imaginarium (en physique ou à distance), et donc d’être un peu moins affecté que certains autres commerces. Il faut savoir s’adapter à la situation, mais j’ai confiance en l’avenir, et j’ai la conviction que tout repartira encore mieux d’ici quelques mois :)


N’hésitez pas à aller rendre visite à Maxime, sa boutique se situe au 9 Rue Terrasse à Clermont-Ferrand. Pour connaitre l'actualité de l'Imaginarium du Photographe, rendez-vous sur Instagram et sur Facebook. Vous pouvez également suivre l'Association Monstre, créée pour le rayonnement de la photographie à Clermont-Ferrand, sur Instagram.

2021-04-22 #people #lieux #lomography #argentique #revendeur #imaginarium-du-photographe

2 commentaires

  1. lry12
    lry12 ·

    La meilleure boutique argentique que je connaisse. Dès que le confinement est fini, j'y retourne ! :-)

  2. pierredeschamps
    pierredeschamps ·

    Longue vie à l'Imaginarium du photographe !

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