Souvenirs de l'été en LomoChrome Purple par Aurore Bano

Passionnée de photographie argentique et d'art en général, Aurore Bano a profité de ses dernières vacances d'été pour tester notre pellicule LomoChrome Purple. Aurore a exploité les caractéristiques de notre pellicule qui transforme les teintes naturelles pour capturer ses souvenirs avec de douces teintes mauves et pourpres. Elle nous a confié : "Avec une pellicule comme la LomoChrome Purple, [le processus argentique] est encore plus ludique et créatif". Nous avons également discuté avec la photographe de ses sources d'inspiration, de la magie de l'argentique et du compte Instagram Burbs on Film dont elle gère le commissariat avec d'autres personnes. Découvrez notre interview et ses photos sans plus attendre :

Photo prise par Aurore Bano avec la LomoChrome Purple 35 mm.

Bonjour Aurore, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Aurore Bano, j’ai 35 ans, j’ai grandi en Auvergne et je vis à Paris depuis une douzaine d’années. Je prends des photographies à l’argentique depuis aussi longtemps que je me souvienne mais disons que je m’y suis mise plus sérieusement il y a 5 ans, quand j’ai fait l’acquisition d’un Rollei 35SE puis d’un Canon AE-1. Ces deux appareils m’ont alors accompagnée dans mes voyages en Islande et en Suède, pour ne bientôt plus me quitter - puis être rejoints par d’autres compagnons d’aventures.

À côté de cette pratique photographique, je suis art-thérapeute en devenir, je me forme tout en intervenant en ateliers dans diverses institutions et associations depuis un peu plus d’un an maintenant. Je trouve intéressant d’introduire diverses formes et approches de la photographie dans des dispositifs de soin.

Photos prises par Aurore Bano avec la LomoChrome Purple 35 mm.

Comment as-tu commencé la photographie, quelle place occupe-t-elle dans ta vie aujourd’hui ?

J’ai toujours eu un crayon, un pinceau ou un appareil photo à la main (le premier fut un point & shoot basique du début des années 90 de la marque Skina). Enfant et ado, j’avais donc souvent un appareil photo sur moi (un simple jetable, la plupart du temps) pour documenter ma vie en quelque sorte. Ma mère a gardé chez elle deux sacs pleins de pochettes de négatifs et de photos tirées en 10x15 du quotidien, des récrés au collège ou au lycée, des boums, des balades en nature et des vacances… Je crois que c’est resté, avec des passages à vide notamment lorsque j’étudiais la psychologie puis l’histoire de l’art et l’esthétique. C’est revenu quand j’étais en école d’art et il y a 4 ans j’ai carrément suivi une formation en photographie aux Gobelins pour avoir une bonne fondation technique. Depuis je n’ai plus lâché mes appareils photo argentiques et j’ai eu l’occasion de faire des expositions et quelques publications de mes photos.

Photos prises par Aurore Bano avec la LomoChrome Purple 35 mm.

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

Les photographies en couleurs de William Eggleston, Stephen Shore, Joel Meyerowitz, Vivian Maier ou encore Harry Gruyaert me fascinent pour leurs compositions et leur sublimation du banal des années 1960 à 1980. Leurs images suspendent le temps et nous font porter une attention particulière à des éléments du quotidien - un simple poste de télévision, une enseigne de motel, un tricycle ou une bouteille de ketchup… Elles révèlent la beauté des géométries simples d’intérieurs domestiques et font appel à notre capacité à s’émerveiller des petites choses ordinaires.

Dans ce sens, les albums de famille ou les vieilles photos de vide-greniers sont aussi des sources inépuisables d’inspiration.

Au niveau de la palette de couleurs et de l’univers, je me retrouve assez dans ce que fait le réalisateur Wes Anderson aussi. Je pense qu’il y a un côté cinématographique dans mes images, j’aime l’idée qu’elles puissent laisser se dérouler un film dans la tête de celui ou celle qui la regarde.

Les peintures d’Edward Hopper constituent une autre ressource visuelle importante pour mon travail, il a su peindre la lumière du soleil sur les murs de pièces vides comme personne. Je retire quelque chose des peintures de David Hockney, également.

En fait les images de ces artistes me semblent comme une incarnation des mots du poète Wallace Stevens, elles montrent « Rien qui ne soit là et le rien qui est. » (Nothing that is not there and the nothing that is).

Photos prises par Aurore Bano avec la LomoChrome Purple 35 mm.

Quel est ton appareil favori et pourquoi ?

C’est dur de n’en choisir qu’un. Ces temps-ci j’ai toujours mon Nikon F3 sur moi (j’adore son grand viseur, c’est confortable pour la prise de vue), ainsi que mon Olympus Mju II (quand je veux utiliser le flash, ou pour avoir un appareil léger et compact quand je sors en soirée). Ce sont selon moi deux très bons appareils, simples d’utilisation et avec un excellent rendu d’image. J’utilise toujours deux boîtiers en parallèle, l’un chargé d’une pellicule couleur polyvalente et l’autre chargé d’une pellicule plus créative telle que la LomoChrome Purple.

Peux-tu nous en dire plus sur la série de photos que tu as réalisée avec la LomoChrome Purple ?

On s’étonne parfois qu’il n’y ait pas (ou très peu) de personnes dans mes photos. Il est vrai que je photographie principalement des paysages, des architectures, des ambiances lumineuses ou des intérieurs… Même s’il s’agit d’une préférence voire d’un parti pris, cela me fait réfléchir. J’aime beaucoup les photographies d’Alison Scarpulla, de Lukasz Wierzbowski ou encore de Monica Figueras et je pense qu’elles m'inspirent à intégrer davantage d’êtres humains dans mes séries de photos à venir.

Je crois néanmoins que j’ai besoin d’un rapport de proximité et d’un lien intime avec la personne que je photographie car cela a particulièrement bien fonctionné lorsque j’ai pris des photos de mes ami.e.s pendant nos vacances, à profiter de la beauté des moments ensemble. C’est un peu la série de notre Été 2020, un été post-confinement, à se retrouver et à revivre, simplement.

Photos prises par Aurore Bano avec la LomoChrome Purple 35 mm.

Est-ce que c'était la première fois que tu prenais des photos avec la LomoChrome Purple ? Qu'est-ce que tu as pensé de cette pellicule ?

J’avais eu l’occasion de prendre des photos avec une pellicule LomoChrome Purple il y a quelques années. J’avais tellement aimé le rendu, à la fois un peu magique et poétique, que ça m’a donné envie d’explorer davantage du côté des pellicules de films un peu moins classiques (comme Dubblefilm, PsychBlues, Revolog…). Je pense même de plus en plus à faire mes propres film soups.

Comme je connaissais déjà un peu la LomoChrome Purple, je l’ai encore plus appréciée lorsque j’ai utilisé les deux pellicules pour ma série estivale. Cette expérience m’a permis de faire de meilleurs réglages entre 100 ISO et 400 ISO selon le résultat que je souhaitais. Entre les photos prises en intérieur et celles prises en extérieur en plein soleil, que la lumière soit franche ou plus douce et dorée, je trouve que c’est une pellicule qui permet résolument de jouer avec ses sujets préférés avec autre chose que la très bonne mais classique Kodak Portra 400. J’ai appris à anticiper ce que les couleurs réelles du sujet (surtout les plus vives) allaient donner capturées et transformées sur la pellicule de LomoChrome Purple (ça m’a par exemple permis de jouer avec la couleur de fleurs et de grandes feuilles vertes devenues violettes). Mais cela reste de l’argentique donc c’est tout de même toujours un peu la surprise et un plaisir, au final, quand on découvre les photos développées. Avec une pellicule comme la LomoChrome Purple, ce processus est encore plus ludique et créatif.

Photos prises par Aurore Bano avec la LomoChrome Purple 35 mm.

Pourrais-tu nous en dire plus le compte Instagram Suburbs on Film pour lequel tu sélectionnes des images ?

Burbs on Film est une communauté de photographes gérée par Ryan McSwain et mettant en avant des images réalisées à l’argentique sur les thèmes ou ambiances de la banlieue ou des zones pavillonnaires, plus largement sur les nouvelles topographies, ou new topographics du monde entier. Cela s’inscrit dans un mouvement de photographie documentaire de paysage sur la représentation des paysages urbains contemporains.

À l’origine de ce thème en photographie, il y a eu l’exposition New Topographics: Photographs of a Man-Altered Landscape (« Nouvelles topographies : Photographies du paysage modifié par l’homme ») organisée en 1975 par William Jenkins et Joe Deal. Parmi les photographes exposés, on retrouvait Robert Adams, Stephen Shore, Lewis Baltz, Hilla et Bernd Becher ou encore Nicholas Nixon. Une source d’inspiration centrale pour ce projet fut le livre Twentysix Gasoline Stations de l’artiste pop Ed Ruscha, publié en 1963 et présentant, comme son titre l’indique, vingt-six reproductions de photographies en noir et blanc de stations-service prises à travers les États-Unis sur la Route 66. À la base, il s’agissait de documenter la croissance rapide des villes d’une Amérique moderne motorisée. Il y avait pour ces artistes l’idée que l’auteur s’efface devant la banalité du nouveau paysage suburbain américain et la répétition des signes architecturaux de modernité.

Je dirais que la photographie actuelle de new topographics est plus habitée, plus incarnée et parfois plus rêveuse en quelque sorte. La volonté d’absence de style et d’esthétisme a laissé place aujourd’hui à une sensibilité voire une certaine nostalgie et un sentiment de familiarité que l’on peut ressentir dans les photographies partagées sur Burbs on Film.

Photo prise par Aurore Bano avec la LomoChrome Purple 35 mm.

À ton avis qu'est-ce qui nous pousse à continuer à prendre des photos argentiques aujourd'hui ?

Personnellement, je travaille exclusivement en photographie argentique parce que cela me donne la possibilité d’expérimenter et de jouer avec différents films sur pellicules, au niveau des couleurs, des contrastes et des textures. Il y a un aspect imprévisible. J'aime le fait qu'il n'y ait aucun moyen de vérifier à quoi ressemblera l'image jusqu’au développement des jours, parfois des semaines plus tard, qu’on ne puisse pas effacer l’image ou retourner en arrière. Avec un nombre limité d'expositions sur une pellicule, il y a une sorte de valeur ajoutée, chaque prise de vue compte et la pellicule devient un médium un peu précieux. Tout le protocole du chargement de la pellicule, de faire avancer le film manuellement, de pousser le levier d’armement avec son pouce, de faire attention à ne pas arracher ou abîmer ce support fragile… Tout cela crée un rythme qui permet de ralentir, de s’immerger intensément dans le viseur et de se sentir proche du sujet.

Des projets à venir ?

D’autres interviews et un projet d’exposition numérique avec la vente en ligne de tirages avec Tafmag. J’ai aussi une douzaine de pellicules à développer, ce qui va faire pas mal d’images… Je n’en dis pas plus pour l’instant, j’ai hâte de les (re)découvrir, je les dévoilerai au fur et à mesure sur ma galerie Instagram.


Retrouvez Aurore sur Instagram. Et n'hésitez pas à suivre également Suburbs on Film.

écrit par florinegarcin le 2020-11-15 dans #people #lomochrome-purple #aurore-bano

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