You say you want a revolution ? Retour en images sur Mai 68 !

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Il y a 50 ans, les rues de Paris étaient prises d'assaut par des citoyens, jeunes et moins jeunes, qui tentaient de dénoncer les conditions sociales de l'époque. La photographie étant subjective, les photojournalistes décident d'immortaliser les moments phares selon eux. Retour visuel sur les mouvements qui marquent encore des générations !

Claude Dityvon.

Le 3 Mai 1968, l'annonce d'une émeute dans le quartier Latin pousse Claude Dityvon à vouloir photographier sa version des révoltes. Ses photos, passées quasiment inaperçues à l'époque, sont depuis devenus emblématiques d'une lutte sociale complète. Il ne tente pas de s'introduire dans les moments intenses et violents de ces émeutes mais préfère capturer les moments entre, ceux de la méditation, de la contemplation.

Photos prises par Claude Dityvon.

"L’acte photographique de Claude Dityvon, ne peut être en reste des événements. Il adopte une liberté de ton qui s’oppose audacieusement à l’urgence de l’information. Il rejoint en cela, comme tout œuvre qui s’impose dans la durée, le fonds commun universel. Ce ne sont ni des mythes, et encore moins une relation directe avec les faits qui s’affichent." - François Cheval, citation tirée du site d'André Frère Éditions.

Gilles Caron.

Exposé en ce moment à l’Hôtel de Ville à Paris (jusqu'au 28 Juillet), Gilles Caron laisse derrière lui des images cultes de soulèvements à Paris. Déjà présent au début des arrestations étudiantes, en Mars, il confronte les foules et immortalise une violence puissante. Des clichés captivants, réalistes et parfois perturbants. Il faut préciser que le photojournaliste a l'habitude des scènes de guerre, ayant notamment documenté la Guerre du Vietnam.

Photos prises par Gilles Caron.

Janine Niepce.

Ces évènements de Mai 68 ont permis à la presse de représenter la jeunesse en tant qu’insolente et violente. Certes, quelques images démontrent des actes brutaux mais nous avons tendance à oublier les visions d'étudiants mis au sol, anéantis, et blessés. Janine Niepce prend en photo la douceur des discussions, ou peut-être des débats, au café du coin. La photographe préfère immortaliser les sourires, résultats d'une certaine solidarité qui permet aux uns de continuer leur lutte, ensemble.

Photos prises par Janine Niepce.

Marc Riboud.

Riboud est l'auteur d'une photo connue par la plupart des amateurs de photographie : "la fille à la fleur", symbole d'un époque influencée par le Flower Power, qui soutient le moto "make love not war". Marc Riboud s'amuse du chaos total généré par ces émeutes mais qui a par la suite permis une évolution sereine des mentalités françaises. La parole se fait plus présente et les individus ne tremblent plus autant face aux autorités.

Photos prises par Marc Riboud.

"C’était l’impression étrange que la vie continuait comme d’habitude, mais que rien n’était pareil, il y avait un changement de mœurs. Dans les halls d’immeubles, dans l’ascenseur, ça discutait partout ! L’auto-stop s’était généralisé, le dialogue s’engageait dans les files d’attente devant les administrations touchées par la grève." - Marc Riboud, citation tirée de CNews .

Serge Hambourg.

En tant que reporteur pour le Nouvel Observateur, Hambourg a accès à certains lieux, ou a l'opportunité de dialoguer avec des personnes réputées lors des mouvements de Mai 68. Par exemple, il parvient à tirer le portrait de Jean-Luc Godard, ou encore Jean-Paul Satre, deux icônes influentes de la scène artistique française. Ses photos ne représentent pas la violence, plutôt la stimulation créative qui résulte de ces déplacements de masse !

Photos prises par Serge Hambourg.

Si ce sujet vous intéresse, la Galerie Argentic, 43 Rue Daubenton à Paris organise une exposition La lutte continue, et l'exposition Gilles Caron à l'Hôtel de Ville continue jusqu'au 28 Juillet !
La plupart des images ont été prises lors du commencement du Front Populaire jusqu'à la fin des manifestations de Mai 68 et ont pour but d'illustrer les luttes sociales.

écrit par Adélaïde de Cerjat le 2018-05-24 dans #culture #monochrome #revolution #mai68

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