Errance en Corée du Sud avec Julien Mauve et le Petzval 58

Julien Mauve est un photographe qui nous plonge en un instant dans un univers tantôt crépusculaire, souvent empreint d'une certaine nostalgie, dans les étoiles ou dans des mondes utopiques. Le silence, la vacuité, l'obscurité et la solitude éclairent ses expérimentations photographiques.

Avec notre Petzval 58 Bokeh Control, Julien Mauve nous livre sa vision de la Corée du Sud.

Bonjour ! Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Julien Mauve, j’habite à Paris et je réalise des projets photographiques depuis bientôt 6 ans.

Tu te présentes comme un artiste visuel. Quelle différence avec un photographe ?

Je préfère me définir en ces termes car j’associe (à tort sans doute) le mot photographe à un métier. En ce qui me concerne, je ne réalise aucune commande, c’est une pratique personnelle.

Je ne fais pas de retranscription exact du réel et je ne m’interdis pas d’intervenir sur les fichiers numériquement, de faire des expérimentations avec l’image, de la travailler pour obtenir le rendu souhaité. Ma démarche est donc un peu inversée car je vais décontextualiser les images que j'ai capté pour les intégrer dans un ensemble qui illustre une histoire, une idée où un propos.

Comment s’est passée ton expérience avec le Petzval ?

C’est un objectif intéressant, autant techniquement qu’esthétiquement. Beaucoup de gens que j’ai croisé dans la rue ont été intrigués par son aspect extérieur. Il faut dire que j’utilisais la version or qui ne passe pas vraiment inaperçue ! La mise au point en tournant une molette en bas de l’objectif est assez déroutante mais agréable et procure beaucoup de plaisir à l'usage. En revanche je ne suis pas convaincu par le système d’ouverture (des lamelles en métal à insérer dans une fente de l’objectif), c'est assez fastidieux et peu compatible avec des déplacements.

Peux-tu nous parler un peu plus de ce que tu as photographié, et pourquoi tu as choisi de le faire avec le Petzval qui est initialement dédié au portrait ?

Je me spécialise plus dans le paysage que dans le portrait, ce qui aurait effectivement tendance à être le domaine vers lequel se diriger avec cet objectif mais je trouvais intéressant de prendre le contre-pied et de me concentrer sur les paysages en mettant à profit cet effet de flou circulaire assez unique que l’on retrouve sur les bords de l’image pour créer une vibration.

Son rendu m’a rappelé des photos de la période pictorialiste du début du 20e siècle ou les artistes cherchait à s’affranchir de la « perfection » des images en créant volontairement des flous (par exemple en faisant vibrer l’objectif). Un retour à quelque chose de plus pictural pour créer leurs propres interprétations du réel. Un des exemples que j’affectionne est la Haunted House de Langdon Coburn ou le flou crée un effet angoissant qui transforme une banale maison en un monstre inquiétant. L’effet est très proche de ce que propose le Petzval.

Alvin Langdon Coburn, The Haunted House, 1904

J’ai tâtonné un peu avant de trouver le bon mélange. L’objectif fait vibrer les lumières et les scènes et amène une perception d’ivresse intéressante.

Cela donne un caractère qui correspond finalement assez bien à ce que Lomo cherche à produire avec ses appareils argentiques. Je l’ai utilisé avec un Sony A7 et on obtient des résultats vraiment inédits, impossibles à réaliser avec une optique classique.

Quels conseils pourrais-tu donner concernant l’utilisation du Petzval ?

Il ne convient pas à tous les usages, les photographes à la recherche d’une image parfaite s’en détourneront. En revanche, il est idéal pour ceux qui recherchent une originalité, un ton décalé. Je l’ai trouvé particulièrement intéressant pour isoler des sujets dans des foules denses ou des décors chargés.

Quelle est ton expérience avec la photographie argentique ?

Je possède un Hasselblad 501CM et un Olympus OM-1… que j’utilise malheureusement de moins en moins à cause de mes contraintes et des flux de production argentique qui ne sont pas compatibles avec ma pratique. Mais le plaisir de les manipuler est intact. Et cela ne m’empêche pas d’y revenir de temps à autre, comme une vieille voiture qu’on sortirait pour faire une ballade le weekend.

La lumière est plus précieuse la nuit ?

J’aurais tendance à dire que la lumière peut-être envahissante la nuit, la pollution lumineuse est un vrai sujet de préoccupation écologique. Photographiquement parlant, je trouve que la lumière la plus belle est celle qui suit immédiatement le coucher du soleil ou qui précède le lever. Elle ne dure que quelques minutes. J’adore ces ambiances de crépuscule lorsque la nuit arrive et que le jour s'efface (et inversement).

Quels sont tes projets ?

Je présente un nouveau travail avec ma galerie (Intervalle) ainsi que mes deux premiers livres édités chez Poursuite à la foire photographique UNSEEN à Amsterdam, du 22 au 24 septembre. J’espère pouvoir avancer et terminer un troisième livre d’ici le milieu de l’année prochaine.


Retrouvez Julien Mauve sur son site internet, sur Instagram, Facebook et Twitter

2017-09-22

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