Crise du quart de vie : Brendan Carroll

2017-09-12

La jeunesse est un cadeau gâché par la plupart des gens, mais Brendan Caroll n'en fait pas partie. Ce jeune photographe partage avec nous quelques sages conseils du haut de ses expériences et mémoires de photographe en herbe. Il fait partie des 25 jeunes photographes prometteurs repérés par Lomography. Continuez à lire pour en apprendre plus sur lui et son travail.

Nom : Brendan Carroll
Site internet: www.brendanxcarroll.com

© Brendan Carroll

Quel est ton plus vieux souvenir d'enfance ? Qu'est ce que tu penses que tu faisais à l'époque ?

J'ai grandi en passant beaucoup de temps au bord d'un petit lac du Michigan à trois heures et demi de Chicago. L'un de mes plus vieux souvenirs doit dater de mes trois ans, en été. Je me rappelle que je venais de m'endormir sur le canapé avec ma maman devant un épisode des "Contes de la Crypte". J'ai été réveillé par une énorme explosion qui a illuminé le ciel en rouge. Je suis sorti et j'ai regardé en direction du lac pour voir ce qu'il se passait. Toutes les maisons avaient leurs télévisions allumées et le lac était très animé.

Les gens sautaient dans l'eau, faisaient la fête sur la jetée et allumaient des feux d'artifice. Tout le monde était devenu fou à cause des Chicago Bulls qui étaient en train de gagner leur troisième championnat. Cette atmosphère de fête et d'unité entre tous les gens avait quelque chose de magique : j'avais envie d'en être. Nous sommes rentrés, avons allumé la télévision pour regarder les Bulls gagner le titre.

© Brendan Carroll

Quand et comment t'es-tu mis à la photographie ? Qu'est ce qui t'a fait tomber amoureux de ce média ?

Mon grand frère avait un appareil photo au lycée. Il allait à des matches de catch et prenait des photos de lui et de ses amis. J'ai été inspiré par cette culture, ses photos, et les photos books qu'il avait sur la musique des années 70 et 80. Instagram et l'ennui à l'université m'ont fait sortir et prendre des photos. Je vivais dans un appartement avec une grande baie vitrée au dessus de l'une des rues les plus fréquentées de Chicago. Je n'avais pas le câble alors je restais assis à ma fenêtre et regardais les gens passer. La rue était toujours amusée et j'avais une superbe vue.

J'aimais beaucoup raconter ce que je voyais, mais il manquait quelque chose. Il fallait que je trouve un moyen de documenter tout ça, pour que les personnes voient ce que je voyais. Prendre des photos dans la rue était parfait. Partout où je vais, j'emporte mon appareil. Ça me permet de rester curieux et m'aide à me poser.

© Brendan Carroll

Un souvenir de photographie argentique, dans les années 90 ?

Quand j'étais petit, ma famille prenait toujours des photos avec des jetables. Je crois que nous avons eu aussi un Polaroid mais mes souvenirs sont troublés par le son de la molette en plastique des jetables. Il y avait un de ces appareils à chaque grand évènement. Je me rappelle de ce sentiment d'aventure quand je trouvais un des ces jetables dans la maison, avec un reste de pellicule. Ils avaient quelque chose de cheap et une facilité d'utilisation qui m'ont apporté beaucoup de liberté de jeu et d'envie d'explorer avec la photographie.
Aller chercher mes tirages au drugstore était également une expérience en soi. Je suis toujours aussi impatient que je l'étais avant mais j'apprécie tout de même l'attente entre la prise de vues et le résultat, ça a quelque chose de magique. On revit le souvenir et on essaye d'imaginer à quoi la photo va ressembler encore et encore. Ce sentiment est l'une des raisons qui expliquent pourquoi je fais encore de l'argentique aujourd'hui.

© Brendan Carroll

Beaucoup pensent que l'âge adulte, dans notre génération, se situe à la moitié de la vingtaine. En tant que jeune photographe professionnel, quels ont été tes principales luttes et les défis que tu as relevés ou continue de rencontrer

L'un des mes principaux obstacles a été de ne pas mettre la majorité de mes efforts sur des projets personnels qui me passionnent. C'est vraiment facile d'être pris et dévié de ton sujet dans ce milieu. En tant que jeune artiste, tu fais un travail solide et les propositions que l'on te fait apparaissent comme des opportunités que l'on ne peut pas laisser passer. Ces boulots semblent parfaits sur le papier, et apportent de la sécurité mais sacrifient ta créativité , ton temps et t'écartent de ce pourquoi tu as été embauché en premier lieu.
Chaque situation est différente mais quand tes vingt premières années s'écoulent, tu commences à penser plus stratégiquement au chemin que tu traces, à ton parcours. J'ai encore toute la vie devant moi mais je comprends maintenant que le temps est tout ce qu'il y a de plus précieux quand on est jeune. Il s'agit toujours de se motiver mais il faut passer la majorité de son temps à courir après ce qui semble bon et ignorer le reste. Ça fait ringard mais il ne faut pas avoir de problème avec le fait de se demander s'il l'on préfère mourir debout ou vivre à genoux, quitte à faire des sacrifices.

© Brendan Carroll

Quels sont les avantages à être jeune dans le domaine de la photographie, que tu connais bien désormais ?

Le principal avantage pour moi est d'avoir été jeune à l'ère internet. Les communautés de photo en ligne sont vraiment spéciales pour moi. Des applications comme VSCO et Instagram à Tumblr, Pinterest et Flickr en passant par des super blogs ou sites comme Lomography. Je me sens plus proche de mes amis photographes sur internet que je ne l'ai jamais été avec des membres de ma famille. Il y a un vrai bénéfice à pouvoir parler si facilement avec quelqu'un qui voit le monde comme toi. Je pense que nous sommes le produit de notre environnement et des gens que nous fréquentons. Les gens s'intéressent vraiment aux autres, ils veulent s'échanger des histoires, s'entraider, travailler ensemble. La communauté prospère et pousse les uns et les autres à continuer de créer et essayer de nouvelles choses.

© Brendan Carroll

As-tu un mentor en photographie, ou un artiste que tu admires ?

Moni Haworth a été une grande source d'inspiration pour moi . Je consultais son blog Johnny's Bird presque tous les jours pour voir si elle avait posté quelque chose. Quand j'ai commencé à prendre des photos, je l'ai contactée en pensant qu'elle ne me répondrait pas. Je lui ai envoyé les scans de ma première pellicule en lui disant ce que son travail représentait pour moi, et qu'elle m'inspirait dans mes photos. Elle m'a répondu en un jour ou deux et a partagé avec moi ce qu'elle pensait de ce que je faisais, des remerciements et des mots très sages. Ça m'a énormément motivé, j'y repense souvent. Je respecte aussi beaucoup les grands Art Shay, Martin Parr, Joel Meyerowitz, Helmut Newton, Michael Wolf, et Vivian Sessen. En ce moment, j'aime beaucoup le travail de ma partenaire et meilleure amie Audrey Brown (@imakegirls) qui apporte de la profondeur à mes réflexions sur ce que je fais. Ses goûts en photographie et plus généralement en art sont impeccables. Je fais bien plus confiance à ses remarques sur mon travail qu'à celles des autres.

© Brendan Carroll

Comment vois-tu le futur Brendan Carroll dans 10 ans ?

À 13, je m'étais écrit une lettre à propos de ce que je voudrais être plus tard, je l'ai reçue à 18 ans. Presque tout ce que je voulais faire ou être avait changé ; la seule chose qui n'avait pas changé était mon écriture brouillonne. Mon futur concept de moi-même est d'être satisfait de la quantité de projets que j'ai accomplis. J'espère que je serai motivé par les échecs et les succès et que j'irai vers les idées qui me font sentir vivant. Je me vois prendre des photos tous les jours, prendre des risques, collaborer avec des artistes que j'aime, et enthousiaste à l'idée de faire de nouvelles choses.

Si le travail de Brendan vous intéresse, rendez-vous sur son site et sur son Instagram.


Suivez le site officiel 25 Years of Lomography et nos réseaux sociaux, pour être au courant des expos, give-away et autres évènements à venir !

écrit par Lomography France le 2017-09-12 dans #people #25yearsoflomography

Nous sommes très enthousiasmés de vous présenter notre dernier projet Kickstarter : le Lomo’Instant Square. Voici le tout premier appareil instantané analogique au monde à produire des photos Instax au format carré. L'appareil a un objectif 95mm en verre pour des photos d'une incroyable netteté, un mode automatique perfectionné qui se charge de l'exposition, les mêmes fonctionnalités créatives que l'ensemble des appareils Lomography et il a un design pliable compact. Contribuez à la campagne Kickstarter et économisez -35% par rapport au prix de vente prévu et profitez de belles récompenses. Assurez-vous de profiter de nos offres avant qu'elles n'expirent. Apportez votre pierre à l'édifice Lomo'Instant Square !

Les articles les plus captivants