On set avec Arnaud Martin, réalisateur du film "Earth Attack" tourné au LomoKino

Vous avez déjà rencontré Arnaud Martin, réalisateur et master du LomoKino, par ici et par ici.

Il y a quelques années, Arnaud annonçait qu'il s'apprêtait à tourner un film sensationnel au Lomokino : une histoire de martiens.

Et bien quelques années plus tard, le voici. Earth Attack est un projet (presque fini !) de film tourné au LomoKino écrit et réalisé par Arnaud Martin.

Photos par Chia-Yi Cheng

Nous avons eu le plaisir d'assister au tournage d'une des scènes de Earth Attack en studio, l'occasion pour prendre quelques photos du making of et pour rencontrer (de nouveau !) Arnaud et son équipe.

Hello Arnaud ! Comment vas-tu depuis la dernière fois ?

Je vais super bien, je suis sur le point de terminer mon plus gros projet à ce jour ! Je dois aussi vous avouer que je suis un peu fatigué et que je suis très pressé de voir le résultat final.

Earth Attack est presque fini (et on l'attend avec impatience !) : peux-tu présenter le film pour nous donner un petit avant-goût ?

C'est un film de soucoupes volantes, une espèce de "blockbuster artisanal".
Alfred Zweistein, un scientifique farfelu, envoie un message dans l'espace... ce message est intercepté par des martiens, qui l'interprètent comme un appel à l'aide.
Les extra-terrestres sont pleins de bonnes intentions, ils veulent nettoyer notre planète... en détruisant tout sur leur passage ! Alfred et son assistante Cindy vont devoir réparer leurs erreurs...

Pourquoi le LomoKino ? Avec, qui plus est, des moyens de productions comme les tiens ?

C'est une longue histoire ! Il y a plus de dix ans, quand j'ai découvert Lomography, j'ai tout de suite été conquis par leurs appareils. J'avais un Fisheye à l'époque, et je me suis dit "si un jour Lomography fabrique un appareil capable de filmer, je vais y aller à fond !"... Quand j'ai découvert le Lomokino, j'ai fait de très courts films avec cette caméra, comme L'incroyable histoire du dr. Lomotnik, ou Jambie. J'ai pris tellement de plaisir à tourner ces quelques plans que je voulais aller encore plus loin.

J'ai écrit un scénario qui me permettait de m'éclater avec différentes techniques, comme l'animation en pâte à modeler, les effets spéciaux réalisés au tournage, etc... tourner au Lomokino représentait beaucoup de travail mais vu l'histoire que je voulais raconter, cette caméra m'est apparue comme une évidence ! J'adore le rendu et la méthode de travail, cet appareil nous fait voyager dans le passé, aux débuts du cinéma ! Et puis, créer un film de science-fiction avec un résultat "à l'ancienne" me motivait beaucoup. A l'époque, je lisais La guerre des mondes de HG Wells en permanence, et je me demandais comment il aurait aimé tourner un film s'il en avait eu la possibilité.

Puis j'ai trouvé des financements, notamment chez Pictanovo, des partenaires et une bande de copains prêts à me suivre dans ce délire, et me voilà en train de terminer Earth Attack.

Comment décrirais-tu l'expérience de tourner un film de Science Fiction au LomoKino ? (C'est courageux !)

C'est une expérience, je crois, assez inédite. Voilà plus d'un an que je tourne des plans du film, et je n'ai toujours aucune idée précise de ce que sera le résultat final. J'ai vu quelques plans et quelques séquences, mais tout arrive au compte-gouttes. J'ai tourné le plan de fin l'an dernier, mais je viens de tourner la première scène, pour des raisons pratiques essentiellement.

J'adore me balader avec une soucoupe volante accrochée à une canne à pêche, ça me fait penser à Ed Wood et je suis content d'emmener mes copains dans cette aventure.
J'aurais pu tourner ce film en RED ou en Alexa, mais les formats numériques d'aujourd'hui ne correspondent pas à l'histoire que nous voulons raconter. Il ne fallait pas une image trop lisse, trop propre, puisque la direction artistique du film est aussi faite de bric et de broc (dans bon sens du terme). Le Lomokino et le noir et blanc me permettent d'emblée de gommer certains défauts que l'on aurait du masquer avec After Effects si l'on avait tourné en numérique.

Et puis tout le monde est très intrigué par notre caméra, que ce soient les figurants, les passants... Alexandra Sabathé, la chef-opératrice, a adoré tourner avec une caméra à manivelle, je pense qu'une bonne partie de l'équipe technique a été séduite par le format.

Ce film comporte des scènes d'animation, des scènes en studio, des scènes de rue, des extras... Quelle a été pour toi la meilleure partie ?

Tout le tournage a été une succession d'expériences formidables, avec des dizaines d'amis qui sont venus pour aider le projet, j'ai fait beaucoup de rencontres et j'ai été très bien entouré. J'en profite pour remercier tout le monde, sans toutes ces personnes et leur soutien, sans les stagiaires, les professionnels, les amateurs, les comédiens, ce film ne serait encore qu'un scénario posé sur mon étagère.

Tourner dans la rue avec des dizaines de figurants et un travelling en fauteuil-roulant a été un moment de bonheur intégral, mais les plans que nous avons pu tourner à l'hôtel de ville de Arras avec Jacques Colliard, et Michel Masiero étaient aussi très plaisants à concrétiser. Rodolphe Pauly qui s'amusait à faire des cascades en grimpant sur le toit d'une camionnette en marche, c'était énorme ! Et Frédérique Attuel a été exceptionnelle et était toujours là pour me rassurer.

Et la plus dure ?

Faire un film, c'est décider de s'infliger une avalanche de problèmes à régler. Donc rien n'a été très simple, en termes d'organisation notamment, mais on s'en est sortis !
Et fort heureusement, j'ai rencontré Simon Paulès, de Baïacedez Productions, qui a facilité bien des choses en nous prêtant son studio pour y tourner des scènes d'animation en pâte à modeler et la toute première scène du film, qui se passe dans un laboratoire recréé de toutes pièces par Salomé Fournet-Fayas, Virginia Ponce et Mathieu Talbot.

Quand est-ce que nous pourrons profiter de ce film ? Qu'est-ce que l'avenir lui réserve à ton avis ?

Nous nous sommes fixés comme but de le terminer avant le 4 octobre, pour le présenter au Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand. Nous n'avons aucune certitude d'être sélectionnés mais c'est un objectif intéressant.

Nous allons, dans tous les cas, l'inscrire dans un maximum de festivals susceptibles d'accepter un film comme Earth Attack, et il ne nous restera plus qu'à espérer que le film soit projeté !

Quelques projections seront également organisées à Paris, dans le nord de la France et pourquoi pas à Taïwan puisque j'ai des amis là-bas.

Es-tu déjà embarqué dans de nouvelles aventures, des nouveaux projets à venir ?

Je tourne en ce moment un documentaire sur un ancien champion du monde de Muay-Thaï qui entraîne sa fille.

J'ai aussi un projet de long-métrage que j'écris actuellement.

Il faut avant tout que je retrouve du travail ! Je réalise des films d'entreprise et j'ai tout mis entre parenthèses pour terminer Earth Attack... :)

Un petit mot à partager avec nos lecteurs ?

Marrez-vous !

Merci beaucoup et à très vite Arnaud !

Suivez la page de Earth Attack par ici !

Photos prises au Lomo LC-Wide par Maria Teresa Neira.

écrit par Maria Teresa Neira le 2017-06-16 dans #culture #news

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