Le LC-A 120 à Deauville avec Dominique Conil

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Départ pour la côte normande de Deauville pour une série aux couleurs douces en compagnie de la photographe Dominique Conil et du LC-A 120. Dans cette interview, Dominique partage avec nous son amour pour le moyen format et pour la photographie qui, selon elle, "a plusieurs raisons d’être en tant que langage artistique et social."

Hello Dominique, est-ce que tu peux te présenter à la communauté ?

Je suis originaire du sud de la France, où j'ai un temps été photographe sur des reportages institutionnels, aujourd'hui je vis à Paris et travaille dans le secteur du jeu vidéo. A côté, je continue à cultiver l'amour de la photographie sur des projets personnels et expositions.

Peux-tu nous raconter ton histoire avec la photographie ? C’était quoi ton premier appareil ?

Mon grand-père a été, entre autre, photographe aérien, et petite, la photo de l’avion dans lequel il opérait m’a marquée. Puis adolescente, la photographie a commencé à m’interpeller, je feuilletais les magazines spécialisés, les albums de famille, et me servais de l’appareil de mon père parfois, un reflex Pentax, sinon c’était des jetables, c’était la grande époque des appareils jetables !

Le moyen format fait partie de ta signature. Pourquoi ce format en particulier et pas le 35mm ?

Pour la qualité des négatifs dans ce format, et probablement parce que j’ai eu dans les mains un Hasselblad qu’un photographe que j’assistais de temps en temps m’avait prêté. J’ai de suite aimé cette visée très claire, par-dessus. C’est un peu le 1er format que j’ai vraiment expérimenté en argentique, c’est devenu mon format de prédilection.

Ceci dit, je (re)découvre le 35mm ces derniers temps, et je cherche l’appareil qui me convient.
J’ai testé le grand format également, la chambre est impressionnante, c’est beau et j’ai un temps pensé pratiquer sur des mini chambres de reportage type graphlex, mais la mise en œuvre reste lourde.

Peux-tu nous parler de ta collection d’appareils moyen format ? Un chouchou en particulier, pourquoi ?

Sur mon étagère il y a un Bronica Sqa, un Pentax 6x7, un Kiev88, un sténopé Lomo Diana, un KodakB31, j’ai aussi quelques 35mm ; un Pentax Ze2, un ZenitTTL, un Voigtlander Vito, et un Polaroid 600. Je les aime tous, ils ont tous quelque chose de particulier, un vécu et une histoire, qui signent différemment la sensation à la prise de vue. Mais j’ai un chouchou, Je me sers principalement de mon Bronica Sq-a, pour sa simplicité, son coût en occasion et la qualité du parc optique et parce qu’en comparaison au Pentax 6x7 ou au Kiev, il est compact et pas très lourd.

Je reste très attachée au Pentax 6x7, c'est un bel objet, les optiques superbes, un peu un ovni de par sa taille de gros reflex surboosté, et sa poignée en bois, je l’utilise plutôt sur des sessions en intérieur, et sur pied.

Idem pour le Kiev, qui a une prise en main moins intuitive que le Bronica, mais qui a un cachet très intéressant au niveau du rendu de ses optiques.
.... mais je reviens toujours sur mon Bronica, il trouve sa place dans mon (grand) sac à main.

Pourquoi as-tu choisi de faire de l’argentique ?

Je me suis tournée vers l’argentique, car j’avais envie de comprendre le procédé photographique, cette histoire de grain d’argent sensible à la lumière et sa révélation m’intriguaient☺.
J’ai de suite été conquise par le rapport physique à la pellicule, j’aime la visée inversée de mon Bronica, je prends plaisir aussi au développement, à tester des recettes, et d’autres mixtures plus exotiques, actuellement j’ai une pellicule trempée dans un bain de citron qui sèche sur mon radiateur. Le grain argentique si particulier, est pour moi inimitable, fascinant, et puis en argentique le tempo est plus lent, et ça me convient bien.

La photographie est un mode d’expression. Que choisis-tu de raconter ?

La photographie a plusieurs raisons d’être en tant que langage artistique et social. Pour ma part je suis captivée par cette notion de temps. D’instants qui ne sont déjà plus, mais que pourtant les grains d’argent me restituent, en vision parcellaire et forcément subjective. C’est en filigrane une nécessité de me souvenir.

Nous t’avons confié un LC-A120. Qu’en as-tu pensé ?

Qu’il pesait trois fois rien par rapport à mon moyen format habituel !
Surprise et vraiment déboussolée au premier abord, car je n’ai plus accès à mes réglages habituels, il faut un temps d’adaptation, (je ne sais plus trop photographier sans régler mon diaph, ma vitesse, mesurer la lumière etc..)….puis on se prend au jeu. C’est ludique, tu vises et tu déclenches.

Qu’est-ce que tu as préféré chez cet appareil ?

J’ai aimé le fait qu’il soit compact, tout en gardant le format 6x6, le bouton qui permet de faire des superpositions. Et les fuites de lumière : j’adore !

Des conseils à donner pour celles et ceux qui viennent de se procurer cet appareil ?

C’est un appareil facile à avoir toujours avec soi, pour un moyen format c’est un avantage, il est hyper facile à manipuler, les pré-réglages en font un point and shoot idéal pour la rue et l’extérieur. C’est un appareil avec lequel on peut décomplexer sur l’aspect technique, il favorise la spontanéité.

Quelles sont les 3 choses que tu préfères shooter avec le LC-A 120 ?

Maintenant que je vois son rendu et sa dynamique je le trouve top pour les superpositions et le mouvement, les fêtes entre amis etc...

Peux-tu nous parler de ta série ?

En balade j’en ai profité pour tester le LCA-120 sur les paysages de Deauville hors saison. Je ne connaissais pas le rendu de son optique ni celle des pellicules LOMO, je ne savais pas à quoi m’attendre. J’étais un peu dans la retenue du coup. Tout l'inverse de ce que je conseillerais ^^... Au final l'esthétique de ce combo appareil/pellicule fonctionne bien!

Des artistes/photographes/écrivains inspirants ?

Si je devais n’en retenir qu’un ce serait William Eggleston sans doute, j’aime ses points de vue et sa maîtrise de la couleur à une époque où le noir et blanc était le mot d’ordre. J’ai un faible pour Sarah Moon dans un autre registre, et puis Sally Mann.

Un livre de chevet à nous conseiller ?

Un polar de Dennis Lehane.

Un dernier (lo)mot ?

On recommence quand vous voulez !


Retrouvez le travail de Dominique sur son site web et sur Instagram. Bonne lecture !

écrit par mpflawer le 2016-10-14 dans

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Un commentaire

  1. frenchyfyl
    frenchyfyl ·

    J'ai hésité longtemps entre un LCA-120 et un Lubitel 166+. L'un est automatique (donc effectivement destiné à un usage instinctif) et l'autre entièrement manuel (donc pour un usage plus réfléchi). J'ai acheté finalement le second, même si le LCA-120 continue à me tenter ! J'y viendrais un jour, je me connais, je ne sais pas résister... ;-)

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