Lomo Amigo Petzval : Rémy Perthuisot enchante le Petzval 58 Bokeh Control

Bienvenue dans l’univers enchanté du photographe Rémy Perthuisot. “On ne photographie pas vraiment ce qu’on voit, mais plutôt ce qu’on ressent, ce qu’on croit percevoir, la manière dont on le comprend et la photographie retranscrit ces fragments qu’on choisit de montrer.”

Facebook : Remy-Perthuisot
Site Web : remyperthuisot.com
Flickr : remyperthuisot
Appareil : Canon 5D mark 3
Objectif : Petzval 58 Bokeh Control

Hello Rémy ! Est-ce que tu peux te présenter et nous parler un peu de ton parcours ?

Je pense que ça remonte à l’enfance, un goût immodéré pour les images (dessin et peinture) et la narration. Je n’ai pas grandi dans un environnement « facile » économiquement, et nos jeux d’enfants faisaient la part belle aux moyens du bord. On a besoin de peu de choses pour s’évader : une feuille de papier, une histoire imaginée… Plus tard en grandissant j’ai de plus en plus utilisé des photos pour développer certains aspects de ce que je faisais en dessin et peinture au point de me dire que la photographie était un medium à tester absolument et que je devais essayer.

Comment en es-tu venu à faire de la photographie ? Peux-tu nous raconter ton histoire avec cette discipline ? Ton premier appareil ?

A la fin du lycée j’ai économisé et passé le cap en m’achetant un reflex, un argentique à l’époque (nous étions dans les années 90), un vivitar V50 que j’ai toujours et qui sert encore de temps en temps. J’ai de suite eu l’impression que les choses devenaient plus simples en photo pour m’exprimer. Je pouvais « piocher » directement ce que je voulais dans le monde réel.

On ne photographie pas vraiment ce qu’on voit, mais plutôt ce qu’on ressent, ce qu’on croit percevoir, la manière dont on le comprend et la photographie retranscrit ces fragments qu’on choisit de montrer. J’ai appris énormément de choses seul au début, puis au travers de partages et de rencontres ensuite. La photo était avant tout pour moi un loisir. Au cours de mes études supérieures j’ai fait deux cursus : un de sciences et un de sciences humaines, plus précisément en histoire de l’art où je me suis spécialisé en histoire de la photographie pour justement approfondir ma connaissance du medium mais surtout de son univers, de son histoire, de ses maîtres.

Quel est ton rapport à la photographie argentique/numérique ?

J’attache un petit côté nostalgique à l’argentique que j’ai pratiqué une dizaine d’année. C’est amusant de voir le phénomène revenir un peu à la mode. Il y a une multiplicité de rendus – mais on retrouve aussi ça en numérique – possibles et un côté plus « cuisine expérimentale » très plaisant et ludique.

Pourquoi penses-tu que l’on continue de faire de l’argentique ?

Avant tout pour les rendus, pour cette impression de retrouver ou de trouver une « authenticité » un « retour aux sources », même si assez fantasmatique en fait. Par contre, le gros avantage de l’argentique, c’est qu’on travaille plus lentement, de manière plus réfléchie, on prend le temps de composer et d’ordonner les choses avant de déclencher, et c’est très formateur pour le numérique à ce niveau-là.

Est-ce que tu peux nous parler de ton univers artistique ?

J’ai l’impression que je passe ma vie en permanence avec 10 000 histoires en tête. Tous mes jeux d’enfance tournaient autour d’inventions d’histoires plus ou moins fantastiques. Et plus le temps passe et plus j’ai envie de retranscrire le tout en photos. Sans forcément proposer des histoires complètes et linéaires, parfois juste des fragments, des amorces qui vont faire naître une histoire possible, une histoire que chacun peut se réapproprier.

Comment construit-tu tes photos qui racontent toute une histoire ?

Je puise dans tout ce qui m’entoure, la musique est une très grande source d’inspirations, la littérature le cinéma, la danse, la peinture… Les légendes et les mythes de tout pays et toutes époques. J’ai la « chance » (ou malchance) de faire des rêves assez délirants et récurrents et je me dis toujours que je ne les exploite pas assez, qu’il faudra s’y mettre un jour. Ensuite j’aime discuter, partager. J’aime beaucoup travailler en équipe, avec les mêmes modèles pendant très longtemps. Mes modèles récurrents sont devenues des amies proches, elles font partie de la mise en place du processus créatif, de par nos échanges, leurs goûts, leurs histoires, leurs envies tout est bon pour nourrir l’inspiration. J’aime aussi évidemment beaucoup regarder le travail des autres, partager avec d’autres créatifs issus de différents milieux et courant, parler des heures avec des photographes et autres de nos projets, nos idées, nos visions des choses.

Quelles ont été tes premières impressions sur le Petzval 58 Bokeh Control ?

Le côté massif et solide ! C’est un beau bébé ! Puis ensuite le côté aléatoire du rendu dans certaines zones de l’image – qui avec la pratique et l’expérience s’anticipe très bien, et procure une dimension créative intéressante, avec en plus un côté un peu roots, ludique et empirique – surtout la manière de gérer l’ouverture – et sans filet. Il n’est pas forcément ergonomique, mais malgré tout très agréable à utiliser.

Peux-tu nous parler de ta série et nous raconter comment tu l’as élaborée ?

Quand on m’a proposé de travailler avec le 58mm, dont j’avais vu pas mal de choses dans la presse, je me suis dit que j’allais simplement le tester dans mon univers du moment. Quelque chose d’assez doux, légèrement onirique et féminin, non loin de chez moi dans un endroit où j’aime travailler. J’ai proposé à Margaux, qui fait partie de mon univers depuis longtemps et sa sœur Nina qui nous rejoints petit à petit pour de plus en plus de photos. Nous avons travaillé des choses habituelles, entre rêve et contemplation. Le petzval 58, avec ses bokeh fabuleux et ses déformations dosées, s’est révélé parfaitement adapté pour ce type de travail.

Une photo préférée peut-être ? Si oui, pourquoi ?

Difficile de vraiment choisir, je suis plutôt satisfait des rendus et de l’ambiance globale des images, même si on a fait très simple pour surtout prendre en main l’objectif. Le portrait, trois quart dos dans un bokeh bleu/vert de Margaux me plaît beaucoup. Sans doute pour le plaisir d’avoir retravaillé avec Margaux qui est quelqu’un que j’apprécie beaucoup ainsi que Nina endormie près de sa valise avec au-dessus d’elle un bokeh tournant qui donne comme un écho à de possibles rêves…

Une petite playlist de cinq morceaux qui pourrait traduire l’essence de ta série peut-être ?

Aurora – Running with the wolves (Acoustique)
Sexwitch – Helelyos
Agnes Obel – The Curse
Sigur Ros - Valtari
Olafur Arnalds – The wind

Il a un côté très bling-bling notre objectif dans sa version laiton. Des réactions particulières quand tu l’as utilisé dans la rue ?

J’avoue que je ne suis pas forcément fan du côté très tape-à-l’œil, moi qui suis plutôt d’un naturel discret. Dans les rues de Paris, on voit qu’il attire en effet le regard. Mais c’est un facteur qu’on oublie vite. Et puis ce côté laiton/rétro lui donne un cachet très esthétique comme objet de déco.

Maintenant que tu as testé notre objectif, qu’est-ce que tu aurais envie de shooter avec lui en particulier dans le futur ?

Il me donne envie de tester plus loin ses « défauts » et voir les types de rendus possibles sur de multiple sujets purement « plastiques » comme des textures, des lumières, des matières, différentes météo etc. Sans tomber dans le piège du systématique, j’aurai envie de voir aussi comment il continue de se comporter dans mes mises en scènes plus ou moins oniriques. J’y reviendrai très probablement.

Des conseils et astuces pour les néophytes qui souhaitent se lancer dans la photographie?

La technique photo ce n’est pas forcément quelque chose de très difficile, un peu de temps, un peu de motivation, de la volonté d’expérimenter et de rebondir en cas d’échec et on assimile les bases plus ou moins vite. C’est un passage obligatoire.

Ensuite il faut se lancer, ne pas avoir peur de s’exprimer, s’interroger sur ses propres goûts, ses envies de partages, sur ce qu’on aime voir et ce qu’on veut donner à voir. Il ne faut hésiter à laisser aller son sens créatif, tester un maximum de choses. Il y a souvent pas mal de retenue chez les débutants. Et il faut être curieux, aller voir le travail des autres, aller voir les travaux des grands noms de la photo, les autres arts, se nourrir l’esprit de toutes les choses qui peuvent nous inspirer.

Des projets futurs dont tu aimerais nous parler ?

M’enfoncer encore plus dans la narration et trouver le temps d’écrire et de poser les bases d’un projet fantastique qui me hante depuis quelques années !

Est-ce que tu as des photographes/artistes/musiciens/livres que tu aimerais nous faire découvrir ?

Je suis passionné d’arts en tout genre, photo, peinture, musique, danse, cinéma… J’ai toujours du mal à extraire juste quelques noms et ne pas donner des listes interminables. Mais éventuellement pour faire vite et parmi les gens m’ayant énormément marqués, la sensibilité de Francesca Woodman en photo, les déesses de Sandro Botticelli en peinture, l’univers onirique musical de Bat for Lashes, la poésie gestuelle de Pina Bausch, les lumières incroyables de Terrence Malick…

Merci Rémy à toi d’avoir répondu à nos quelques questions !

écrit par mpflawer le 2015-09-29 dans #people #lomoamigo

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