LomoAmigo Lubitel : Maou Bertrand

La photographe Maou Bertrand a testé l’appareil photo emblématique Lubitel 166+. Nous lui avons donc demandé de troquer pour un petit moment son Yashica-A pour notre appareil moyen format 120. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions sur sa passion pour la photographie argentique, ses sujets de prédilection, la réalité de son statut d’autodidacte, la relation qu’elle entretient avec son blog. Elle nous entraîne en ballade à redécouvrir Montmartre et les ruelles silencieuses des Puces de Saint-Ouen.

Nom : Bertrand
Prénom : Maëlle (dite Maou)
Ville : Paris
Appareil : Lubitel 166+
Site internet : www.maoubertrand.com & www.maoumindgames.com

Bonjour Maëlle. Peux-tu te présenter auprès de nos Lomographes ?

Je m’appelle Maëlle, mais mon surnom est Maou. Je vis à Paris depuis 6 ans et adore voyager. Je fais de la photographie principalement argentique et je tiens un blog que j’alimente avec mes séries de photos. Ce sont des photographies essentiellement prises avec des modèles amateurs mais il y a également des photographies de voyage et de la vie quotidienne.

J’adore me promener dans Paris à la recherche de beaux endroits photogéniques et il faut dire que la ville n’en manque pas. J’aime aussi passionnément la nature qui est un sujet que je photographie avec plaisir.

Comment as-tu commencé la photographie et depuis combien de temps es-tu photographe ?

J’ai commencé la photographie assez tôt, au collège. J’ai commencé à faire des photos pour pouvoir alimenter les articles de mon blog. Ça n’était pas de la grande photographie mais ça m’a vraiment initiée à cet art. La photo est venue à moi avec le numérique et Internet mais la première séance photo que j’ai faite (et qui n’est franchement pas terrible, il faut l’avouer), c’était avec ma petite sœur dans notre jardin avec un appareil photo argentique qui appartenait à mes parents. J’ai encore l’album avec ces quelques clichés, ça me fait sourire lorsque je retombe dessus.

En tant que photographe autodidacte, quels sont tes conseils pour quelqu’un qui aimerait faire ce métier ?

Malheureusement, je suis loin d’en vivre pleinement, et pour l’instant la photo c’est 50% de ma vie. Mais c’est déjà super et je suis contente d’en être arrivée là. Je constate que les gens viennent de plus en plus à moi. Il ne faut pas hésiter à en parler autour de soi, à montrer ce que l’on fait et à vendre ses compétences. A se revendiquer en tant que photographe. C’est le bouche à oreille qui fait que j’ai de plus en plus de personnes qui me contactent pour que l’on bosse ensemble et je trouve ça très chouette ! Je produis énormément depuis plus d’un an et je me rends compte aussi que cela a beaucoup d’impact. J’ai la chance de collaborer avec de chouettes personnes ce qui m’ouvre aussi à d’autres perspectives. Bref, c’est beaucoup de travail et d’investissement mais c’est agréable aussi de faire ce que l’on aime, peu importe l’issue.

Tu es blogueuse et photographe. Qu’est-ce que t’apporte ton blog en tant que photographe ? Et vice versa ?

Mon blog est entièrement lié à mon travail de photographe. J’y publie toutes les photos que je fais, beaucoup plus que sur mon autre site qui fait office de portfolio et qui est là pour montrer l’essentiel. J’aime beaucoup bloguer car cela permet un échange avec les autres, c’est hyper important pour moi. Autant quand je fais des photos, ce qui est un moment d’échange avec la/le/les modèles, qu’après quand je les publie. Avoir un retour des gens qui me suivent, j’adore ça !

Quel est l’aspect du métier de photographe que tu préfères ?

La réponse précédente m’aura permis d’amorcer celle-ci. Ce que j’adore dans ce métier, c’est de pouvoir créer un échange avec les gens. Pour moi, faire des photos c’est essentiellement partager quelque chose avec quelqu’un, partager un moment et une certaine forme d’intimité. C’est pour ça que j’aime tenir un blog, que j’aime faire des collaborations et que j’aime faire des expositions.

Quels sont tes inspirations et tes influences ?

Le cinéma est l’une de mes principales inspirations. Je suis dans les salles obscures plusieurs fois par semaine quand mon emploi du temps me le permet. C’est un réel besoin pour moi !
L’art en général m’a toujours beaucoup touchée, notamment la peinture. Je suis assez influencée par tout ce que je vois et je pense que c’est un travail très inconscient. Je ne suis pas du genre à penser trop en amont une série photos. En général avant un shoot, j’ai en tête seulement le lieu et la modèle, peut-être un accessoire ou une couleur. Et on créé quelque chose autour de ça, sur le moment.
Pour les séances plus réfléchies j’ai des bribes d’idées, quelques éléments qui seront présents, mais je suis assez incapable de projeter des poses par exemples. Je suis toujours dans l’instant présent !
La lecture a aussi beaucoup d’impact sur mon imaginaire et donc sur mon travail, parfois je lis des choses et je les imagine en photos. Le pouvoir des mots est assez surprenant.
Enfin, ce qui m’inspire le plus c’est la nature en elle-même. Les personnes qui m’entourent ou que je croise. L’environnement et le monde en général.

Tes photos nous font véritablement pénétrer dans l’intimité de tes modèles. Il y a une douceur certaine dans tes clichés, et on sent que les modèles s’oublient. As-tu quelques astuces à nous donner sans forcément dévoiler tes secrets ?

L’astuce, c’est de se comporter avec ses modèles comme une amie. Parler avec elles/eux, leur demander de raconter qui ils sont, et les rassurer s’ils ne se sentent pas à l’aise. Je pénètre moi aussi en quelque sorte dans leur intimité alors je dois tout faire pour qu’ils se sentent le plus à l’aise possible, autrement cela ne marchera pas et la série sera, à mes yeux, ratée. Les poses sont en général prises de façon assez naturelle, je n’aime pas être trop directive.

Tu fais à la fois de la photographie argentique et numérique. Est-ce que ces deux façons de photographier sont complémentaires ? Peux-tu nous en dire plus sur ton approche de ces deux manières de photographier ?

L’argentique occupe à peu près 90% de ma production mais parfois j’aime retourner au numérique pour le plaisir notamment d’appuyer frénétiquement sur le déclencheur, le plaisir aussi de trifouiller tous les boutons et voir sur mon écran ce que cela donne et aussi le plaisir de faire du post traitement après la séance sur mon ordinateur. Néanmoins ce que j’adore dans l’argentique et qui me fait le préférer au numérique, c’est de penser chaque photo comme un tableau. Une photo n’est pas un déclenchement parmi d’autre mais à son importance autant que les 35 ou les 11 autres (en 120mm). Bien sûr, je pourrais réfléchir de cette façon lorsque j’ai mon numérique dans les mains mais j’ai un peu plus de difficultés à le faire et ça n’est pas ce que je cherche lorsque je photographie en numérique. Le numérique est également parfait pour la plupart de mes commandes qui sont en général des reportages. Je ne sais pas si on peut parler de complémentarité; mais en tous cas je les apprécie toutes les deux à leur manière et les utilise différemment.

Team moyen format ou 35 mm ? Ou carte mémoire ?

Je suis Team moyen format et 35 mm (j’ai le droit?)… C’est dur de choisir. J’adore le moyen format je trouve ça vraiment magique mais c’est aussi plus “difficile” que le 35 mm alors j’utilise toujours les deux lorsque je fais des séances photos avec des modèles.

Comment s’est passée ton expérience avec le Lubitel ?

L’expérience fut bonne même si je dois reconnaître que je n’avais aucune idée de ce que ça allait donner ! J’étais déjà tellement habituée à mon autre appareil photo moyen format que la transition n’a pas été douce. J’avais peur que mes photos soient toutes floues mais finalement le résultat est vraiment chouette, ça me donne envie d’en refaire avec :) et je crois que je suis frustrée de ne pas en avoir fait plus, plus longtemps.

Qu’est-ce que tu aimes dans cet appareil ?

J’aime bien sa légèreté et sa petitesse. Enfin un appareil qui ne pèse pas trois tonnes ! Il est aussi hyper mignon. C’est un objet agréable à manier et à apporter partout avec soi.

Si tu pouvais emmener le Lubitel avec toi n’importe où dans le monde, où est-ce que tu irais ?

J’ai super envie d’aller en Asie en ce moment, donc ça serait sûrement en Thaïlande.

Parle-nous un peu de la série photos que tu as shootée avec. Une préférée peut-être ?

J’ai shooté plusieurs choses avec mon petit Lubitel durant les semaines où j’ai eu la chance de l’avoir avec moi. Sur 6 films, j’en ai perdu deux (oui je suis un peu maladroite parfois). Il me reste donc deux séries de portraits avec des filles chouettes ainsi qu’une série de photos dans les Puces de Saint-Ouen fermées et une autre série à Montmartre un lundi matin. C’est celle-ci ma préférée ! J’adore le noir et blanc, et la lumière, le Lubitel m’a vraiment coupée le souffle sur cette série. Et les rues vides qui sont normalement remplies de touristes n’en sont que plus belles.

Quels sont tes futurs projets ?

J’aimerais beaucoup exposer mes portraits quelque part à Paris, j’en ai tellement et la photo sur papier c’est tellement plus beau !
Sinon j’aimerais beaucoup me remettre un peu au Polaroid, ça fait vraiment longtemps que je ne me suis pas servies des miens.

Il faut aussi que je commence à développer mes photos moi-même, ça sera un nouveau cap pour moi.

Si tu étais un appareil argentique tu serais ?

Mon Yashica-A car je le trouve beau comme tout et qu’il ne me déçoit jamais.

Merci Maou d’avoir répondu à nos questions avec autant de sincérité !
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2015-04-27 #people #lomoamigo

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