Petzval Amigo : Chloé Vollmer-Lo

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La photographe Chloé Vollmer-Lo a testé l’objectif Petzval. Nous avions découvert son travail sur son site et nous n’avons pas résisté à la tentation de lui faire essayer l’objectif. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions sur son travail de photographe freelance, ses sujets de prédilection et son univers “riche en regards”.

Prénom : Chloé
Nom : Vollmer-Lo
Ville : Paris
Appareil : Canon 5D MkII
Site internet : chloevollmerlo.net

Bonjour Chloé, peux-tu te présenter aux Lomographes en quelques mots ?

Bonjour aussi ! Alors alors… J’ai 26 ans, des études littéraires et théâtrales sur mon CV, et, dans l’ombre, des centaines d’heures d’apprentissage de la photo en autodidacte. C’est maintenant mon métier, je suis spécialisée dans le portrait et le reportage et le mariage… Enfin, dans « les photos sur lesquelles il y a des gens » (c’est ce qui définit le mieux ce que je fais, mais ça n’est pas très synthétique). A part ça, je voue un culte à la gastronomie japonaise et je suis féministe, mais je ne suis pas sûre que ça soit très pertinent à relever ici !

Qu’est-ce qui t’a poussée à faire de la photographie ? Quels liens entretiens-tu avec la photo ?

J’ai toujours aimé composer des images, mais j’ai fini par me résoudre à l’idée que je ne serais jamais une bonne dessinatrice… Ça m’a rendue bien malheureuse quand j’étais ado mais, heureusement, la photo numérique est passée par là et a résolu cette frustration. Après m’être entrainée avec le compact de mes parents, j’ai bossé tout l’été de mes 16 ans pour m’en acheter un à moi. J’étais en internat à l’époque, avec peu de sorties autorisées… J’ai donc commencé à shooter compulsivement mes amies, et je me suis rendu compte que ça me plaisait énormément.
Et d’ailleurs, c’est encore un peu comme ça que ça se passe aujourd’hui : hors des photos de commande, je ne photographie que mes proches et tente d’explorer de nouveaux procédés. Ma pratique, aujourd’hui, est divisée en deux : d’un côté, les commandes pour lesquelles j’essaie de sans cesse parfaire ma technique, et de l’autre côté les projets persos, souvent à l’argentique, où j’aime les petits accidents et les expériences.

Quels sont tes sujets de prédilection ?

Les visages, les visages, les visages ! J’adore photographier la diversité des êtres humains et essayer de les rendre aussi vrais que beaux. Je n’aime pas trop les images lisses, je préfère les photos qui, tout en sublimant leurs modèles, continuent à leur ressembler. J’ai aussi un vague penchant pour la mélancolie… Mais ça, c’est complètement inhérent à l’art de la photo, non ?

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Tout et n’importe quoi, ça dépend surtout de ma réceptivité. Dans les « bons » jours, je peux être très sensible à la manière dont la lumière va se poser sur un objet, à la forme d’une branche d’arbre, un motif dans un mur décrépi… Et ça va me donner envie de faire des photos. En fait, tout est prétexte à être émue et à avoir envie d’en faire quelque chose. À part ça, je lis énormément de BDs, je pense que ça doit faire travailler la composition de l’image… J’ai aussi une vie onirique assez riche, qui parfois me donne des idées, des envies, ou juste des intuitions d’images. Enfin, comme tout le monde, je traîne beaucoup sur internet, de lien en lien, et ça contribue à forger le regard (c’est une excellente excuse).

Pourquoi es-tu devenue freelance ? Qu’est-ce que tu aimes dans le fait d’être photographe freelance ?

Je suis devenue freelance presque par hasard… Même si quand on veut être photographe, il n’y a pas beaucoup d’autres options ! Pendant mon master d’études théâtrales, j’ai commencé à recevoir de plus en plus de commandes photo… Je me suis donc fait un statut officiel tout propre, et j’ai commencé à travailler au fur et à mesure que les clients arrivaient. Le glissement entre la fin de mes études et le début de la vie professionnelle s’est donc opéré comme ça, tout doucement. J’ai eu beaucoup de chance. Aujourd’hui, je ne me verrai pas être autre chose que freelance. J’aime beaucoup la liberté que ça procure, l’absence de routine, les horaires dont je suis la seule à décider… Et surtout, j’ai le droit de carburer à l’enthousiasme et ça, c’est une sacrée chance. Le prix à payer pour ça, c’est l’insécurité et la précarité. Mais pour le moment, ces deux dernières ne font pas le poids !

Venons-en au Petzval. Comment s’est passée ton expérience avec l’objectif ?

C’était vraiment super. J’ai retrouvé certaines des sensations que j’ai pu éprouver auparavant en shootant à la chambre grand-format… Même si l’utilisation du Petzval est moins laborieuse et demande moins de réglages minutieux ! Mais on sent bien, néanmoins, que c’est la réédition d’une optique très ancienne, et je trouve cette sensation agréable, comme si on renouait avec une antiquité de la photographie.

Quel a été ton fil conducteur pour cette série ? Si tu pouvais la raconter en musique, quels morceaux choisirais-tu ?

J’avais vu beaucoup d’images shootées au Petzval qui m’avaient parues très apaisantes et lumineuses. J’avais envie de prendre, dans une certaine mesure, le contrepied de ça : d’utiliser le côté « bokeh tourbillonnant » pour suggérer un léger malaise, un monde qui tangue. Je me suis focalisée là-dessus, sur un bizarre plus ou moins apparent, et voilà. Côté BO, je choisirais :

- “Black Poppies”, ou “House” de Cocorosie.
- “Missed me”, des Dresden Dolls.
- “Beautiful Freak”, d’Eels.
- “Blue Velvet”, version Lana del Reys.
- “Street Spirit” (Fade Out), de Radiohead.
- “Sex Born Poison”, d’Air.
- “The Other Side”, de Woodkid.
- “Into the Night”, d’Angelo Badalamenti (c’est un extrait de la BO de Twin Peaks.)

Est-ce qu’il y a un projet que tu aimerais réaliser avec le Petzval maintenant que vous avez fait connaissance ?

Oui ! Je voudrais tenter de l’utiliser sur des photos avec un flash déporté en extérieur, en journée… Travailler une lumière un peu irréelle qui répondrait au rendu très particulier du Petzval. En plus, ça aurait un petit côté anachronique, et j’aime bien l’idée.

Comment s’est passée la cohabitation avec le Petzval ? Quels conseils donnerais-tu aux gens qui photographient avec pour la première fois ?

J’ai pris le temps de composer mes images plus soigneusement et de réfléchir à l’avance à ce que je voulais faire… On retrouve le côté cérémonial de la photographie, alors qu’on reste en numérique ! Du coup, mon conseil principal serait celui-là : prenez le temps. Ce n’est pas un objet facile à apprivoiser, notamment parce que la mise au point à grande ouverture requiert beaucoup de précision. Mais le plaisir n’en est que décuplé ! Et sinon, sur un point plus pragmatique : attention aux caches et bouchons de l’objectif, qui ont une petite tendance à tomber.

As-tu des projets dont tu voudrais nous parler ?

J’ai un projet qui m’obsède depuis quelque chose comme trois ans, et je cherche désespérément le temps de le réaliser. Ça serait un projet participatif, avec des ami(e)s et des inconnu(e)s, tout comme la série Déluge que j’ai réalisée en 2011-2012. Pour faire court mais teaser un petit peu quand même, ce serait une sorte de cartographie de Paris par le biais des souvenirs de ses habitants, au fil des rues.

Un endroit inhabituel où tu aimerais shooter?

J’ai un amour immodéré pour à peu près tous les musées du Jardin des Plantes de Paris. Entre le Musée de Paléontologie et ses squelettes titanesques, la serre et ses plantes tropicales foisonnantes, la Galerie de l’Évolution et ses meutes immobiles… Et même la galerie de minéralogie ! J’adore l’architecture des bâtiments, la texture des murs, le mystère un peu désuet qui baigne les lieux… Il y a vraiment un milliard d’images à réaliser là-bas. Mais bon, tout autre endroit cool et étonnant me va aussi, hein !

Un souvenir, une anecdote à nous raconter ?

Ah ben tiens, voilà une bonne occasion de faire passer mes remerciements d’une façon un peu ludique et m’excuser auprès de mes modèles pour quelques errances créatives ! Donc, merci à Marion qui a mangé de la ficelle de bricolage juste pour me faire plaisir. Merci à Manon dont j’ai potentiellement ruiné le manteau avec le scotch double-face qui y collait des larmes. Merci à Cali d’avoir enfumé de rouge son jardin et ainsi inquiété ses voisins. Merci à Alix dont les postures de yoga ont choqué les petites vieilles qui passaient dans la rue. Merci à Maroussia de m’avoir laissé peindre son gros ventre des tous derniers jours (j’ai eu peur à chaque instant qu’elle accouche sous mes yeux). Merci à Alexane de m’avoir assistée sur deux de ces séances, et bravo à elle pour avoir vaillamment refusé les armées de Granola que je lui proposais.
Et pis tant qu’à faire, merci à Lomography de m’avoir permis de tester le Petzval !

Et merci à toi Chloé !

Pour en savoir plus sur son travail, consultez son site internet, sa page Facebook ou son blog !

écrit par annoushka le 2015-04-07 dans #people #lomoamigo

Un commentaire

  1. anaisnni
    anaisnni ·

    Merci pour la découverte !! :)

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