Aëla Labbé shoote en argentique avec l'objectif Petzval

Aëla Labbé a un univers unique, de la danse à l’écriture en passant par la photographie. Elle a testé pour nous l’objectif Petzval, et vous fait découvrir à travers le grain de ses clichés argentiques un univers photographique intime et chargé d’émotions. Découvrez son interview et ses photos dans la suite de l’article.

Nom : Aëla Labbé
Ville : Nantes
Appareil : Nikon F100

Présente-toi en quelques mots.

Je m‘appelle Aëla Labbé, j’ai 28 ans, je suis danseuse-interprète et auteure-photographe.

Depuis combien de temps fais-tu de la photographie ? Comment as-tu débuté ?

Je suis danseuse contemporaine de formation. La photographie est venue après, j’ai commencé en autodidacte il y a environ 6 ans. Les deux disciplines se complètent et se nourrissent. J’envisage la composition photographique à la manière d’une écriture chorégraphique : corps, espace et temps sont des éléments importants dans mes images.

As-tu choisi d’en faire ta carrière ?

Je n’ai jamais envisagé une carrière de photographe, j’ai eu la chance que mon travail soit repéré sur Internet et grâce à ça, mes photographies ont été exposées en France et à l’étranger, dans des galeries d’art et dans des magazines. J’ai travaillé un peu pour la mode et avec plusieurs labels de musique sur des visuels. En 2013, j’ai été contactée par les éditions du LIC (maison d’édition indépendante basée en Norvège) qui ont publié ma première monographie : L’Absente. Malgré tout je ne me considère pas photographe : je prends des photos, je crée des images… Je n’aurais jamais imaginé que les choses prennent une telle ampleur. Je suis touchée et impressionnée que mon travail ait une telle répercussion… C’est la plus belle récompense : le partage est la raison même de ma démarche artistique.

Quel est l’aspect du métier de photographe que tu préfères ?

Le fait de pouvoir immortaliser un instant de vie et d’en garder une trace. Le temps passe, les images restent. Je collecte et collectionne des photographies de proches et d’anonymes, de vieux tirages et des négatifs. Je pourrais passer des heures à feuilleter les albums de famille. La photographie est un témoin précieux, un présent du passé.

Argentique ou numérique ? As-tu une préférence ?

Je shoote essentiellement en argentique. Le grain et les couleurs de la pellicule correspondent mieux à mon style photographique.

Qu’est-ce que tu aimes dans la photographie argentique ?

Je travaille avec du matériel cheap, de vieux appareils et toutes sortes de films même périmés. J’aime expérimenter et me laisser surprendre par le résultat et en ce sens la photographie argentique offre un immense champ de possibles avec beaucoup d’inattendu. Naturellement je suis attirée par les imperfections et le caractère singulier des choses. J’aime le fait de ne pas maîtriser, et même si parfois je décide délibérément de provoquer l’accident c’est toujours la magie de l’instant et des chimies qui opère.

Tu photographies surtout tes proches, dans ta ville. Pourquoi ce choix ?

Certainement dans un souci de simplicité et d’authenticité. J’ai besoin d’intimité avec mes sujets et mon environnement, d’autant plus lorsqu’il s’agit de créer sur demande car c’est une démarche plus difficile pour moi. Je photographie de manière spontanée, au grée des inspirations, j’ai besoin de me sentir proche et portée par un lieu, un visage…

De manière générale, comment décrirais-tu ton univers photographique ?

Mon univers est intimement lié à mon histoire, ma famille, mon environnement… Il est très personnel, emprunt d’influences diverses (littéraires, cinématographiques) et chargé d’émotions.

Qu’est-ce que tu as pensé du Petzval la première fois que tu l’as vu ?

J’ai été très impressionnée ! L’objet d’abord est assez incroyable, sa couleur dorée et son allure XIXème… Moi qui aime les antiquités, j’ai tout de suite été charmée.

Peux-tu nous parler de ton expérience avec le Petzval ? Qu’est-ce que tu as aimé dans cet objectif ?

J’ai adoré expérimenter et tout gérer manuellement, l’objectif offre une telle multiplicité d’effets. C’est un outil avec lequel on peut jouer des “défauts” optiques, cela confère une signature particulière au développement qui m’a beaucoup plu.

Parle-nous un peu de la série de photos que tu as shootée avec. Une photo préférée ?

Sur les photos ce sont deux de mes petites nièces : Jeanne (14 ans) et Zïa (7 ans). Je les prends en photos depuis qu’elles sont toutes petites, elles sont de véritables muses omniprésentes dans mes galeries. Avec elles c’est très simple et évident, il n’y a rien de forcé, elles sont là, présentes, à la fois fortes et fragiles, avec toute la beauté et la sensibilité de leur enfance. Toutes les deux m’inspirent et me touchent énormément.
Pour la série nous sommes allées en extérieur profiter de la lumière naturelle et des couleurs de l’automne. Il y a juste une photo que j’ai prise à l’intérieure et qui est peut-être ma préférée. Je suis très attachée à la gestuelle particulièrement aux mains, un leitmotiv dans mon travail photographique. Ici ce sont les mains de Jeanne, expressives dans le flou de la vieille tapisserie jaunie et la plante verte de mon salon.

Est-ce que tu aurais des conseils pour ceux qui utiliseraient l’objectif pour la première fois ?

Prendre le temps d’expérimenter.

Quels sont tes projets pour l’année 2015 ?

Je suis dans une dualité entre danse et photographie. J’ai des projets pour 2015 indépendamment dans les deux domaines, des résidences de créations, des représentations pour la danse et des expositions pour la photographie. Aussi, par désir et par demande de faire fusionner les disciplines, j’envisage de cofonder une compagnie, que ce soit pour de la transmission (par le biais de workshops) ou des performances mêlant danse et photographie.

Merci beaucoup Aëla d’avoir partagé avec nous ton expérience et tes photographies !

Retrouvez le travail d’Aëla Labbé sur son Flickr et sa page Facebook.

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