Interview : Gregor Servais et ses paysages marins au sténopé

Si vous avez lu l’article du mois dernier sur le photographe néerlandais Gregor Servais, vous devez avoir envie d’en savoir plus sur ses impressionnantes œuvres sténopé. Que vous soyez un amateur du sténopé ou un novice dans le domaine, lisez ce qui suit et apprenez-en plus sur le maître du sténopé grâce à cette interview perspicace !

Juste à temps pour la Journée du Sténopé le mois dernier, nous sommes tombés sur le travail de Gregor Servais, qui prend des photos incroyables au sténopé sur la plage quand il ne fait pas photos sur commande. Comme mentionné précédemment, beaucoup d’entre nous n’avons probablement jamais pensé à emmener nos appareils sténopé à la plage, mais après avoir vu les paysages marins éthérés du photographe néerlandais, nous sommes certains que nous avons tous été inspirés.

Parmi les questions qu’on lui demande probablement tout le temps concernant son travail au sténopé nous nous demandions, Pourquoi prendre des photos au sténopé de la mer? Gregor a écrit une réponse simple mais intéressante sur son"blog":http://www.gregorservais.nl/fotografie/new-pinhole-seascape-photos:

“Contrairement aux sujets de mes portraits, la mer a toujours beaucoup de temps et ne fait jamais de commentaires. Elle n’est jamais réticente, n’a pas de demandes de retouche. La seule chose c’est qu’elle ne peut pas tenir en place. Tout bouge, tout le temps. Même les nuages qui voyagent ne s’arrêtent jamais.”

En sachant cela, nous voulions à tout prix en savoir plus sur Gregor et ses inspirations, ses motivations, les processus de création et ses débuts dans la prise de photos au sténopé. Ainsi, nous sommes récemment entrés en contact avec lui et nous lui avons posé quelques questions :

Pouvez-vous nous dire quelque chose sur vous-même et ce que vous faites ?

Je suis un photographe néerlandais diplômé de l’Académie d’Art Royal de La Haye. Je fais essentiellement des portraits, principalement à utilisation éditoriale mais aussi commerciale et corporate. En face de mon appareil photo défilent des acteurs, des chanteurs, des écrivains, des hommes politiques, des chefs d’entreprise etc. Ça peut être assez mouvementé parfois, mais c’est très amusant.

Quand avez-vous commencé à prendre des photographies au sténopé ? Qu’est-ce qui vous a aidé à vous décider à vous lancer dans ce genre de photo ?

Mon premier essai au sténopé s’est fait il y a quelques années. Pour être honnête, il n’y avait pas beaucoup de pensées derrière ça, c’était juste une expérience. J’avais un joli mur blanc chez moi que je voulais décorer avec une photo de paysage, pour faire comme s’il y avait une fenêtre. L’année dernière, j’ai recommencé à en faire quand j’ai acheté le Zero 6×9 et j’ai commencé à faire plus de paysages marins.

Vous souvenez-vous encore et avez-vous encore la première photo sténopé que vous avez pris ? Si oui, pouvez-vous nous dire quelque chose à son sujet ?

Je n’étais pas sûr de ce qu’était l’ouverture de mon Agfa Clack modifié au début. J’ai donc dû expérimenter un peu avec les durées d’exposition. Je pense qu’il m’a fallu plusieurs pellicules avant que j’aie la moindre idée de ce que pourrait être l’ouverture. Les premières photos n’étaient pas très excitantes.

Quand nous parlons de la photographie au sténopé, les gens ne pensent généralement pas à en faire à la plage. Comment avez-vous décidé de prendre des photos sténopé de la mer ?

La mer semblait parfaite pour une “photo de paysage” et j’étais curieux de voir à quoi la mer, qui est toujours en mouvement, ressemblerait avec une longue exposition. Il est facile de devenir accro. Mes clichés de photographie normale peuvent être très mouvementés et stressants. Fixer la mer est un joli contraste, peut-être même que c’est thérapeutique … J’aime le fait qu’avec ces longs temps d’exposition tout – l’eau, l’air, le sable, les nuages ​​- se mélange.

Nous avons entendu dire que vous preniez des photos avec un ancien Agfa Clack et un Zero 6 × 9 fait main, et que généralement vous travailliez avec des pellicules Kodak Ektar 100 ou Fuji 400H Pro. Avez-vous trouvé la combinaison qui marche le mieux entre une pellicule et un appareil sténopé ? Envisagez-vous d’essayer d’autres pellicules pour vos sténopés de bord de mer ?

En ce moment, j’utilise uniquement le Zero 6×9 en combinaison avec la Kodak Portra, soit 160 ou 400. Pour l’instant je m’en tiens à ce combo afin d’obtenir des résultats cohérents. De nos jours, il devient plus difficile de se procurer des pellicules par rapport à l’époque où j’ai commencé la photographie. Avant l’ère numérique il y avait tellement de choix dans les pellicules, de nos jours on ne sait jamais si le magasin a même un peu de stock, ou si le réfrigérateur à pellicules sera presque vide.

Travailler avec un appareil photo à sténopé (surtout un appareil fait maison) n’est pas quelque chose que les photographes font généralement de nos jours – quelles sont les préparations ou les précautions que vous prenez pour vous assurer que vous obteniez les résultats que vous aviez en tête ?

C’est la raison pour laquelle j’ai finalement acheté le Zero. Je voulais savoir ce que j’avais exactement comme ouverture afin d’obtenir une exposition parfaite. Et après quelques essais, je m’en tiens aux pellicules Kodak Portra. Je sais plus ou moins comment elles réagissent à la lumière et à la couleur maintenant. Les Kodak Ektar sont bien aussi, mais je trouve qu’il est parfois difficile d’obtenir des couleurs plus naturelles. Avant de me diriger vers la plage, j’ai l’habitude de jeter l’œil sur une webcam de la plage pour voir si les conditions sont bonnes. Le ciel peut être couvert et nuageux ici dans la ville alors que sur la plage, le ciel peut être bleu. C’est seulement à 20 minutes à vélo mais la différence de météo peut être grande.

Vous voyez-vous prendre des photos au sténopé ailleurs qu’à la plage ? Si c’est le cas, quels seraient vos trois endroits préférés pour shooter des clichés au sténopé ?

Pour l’instant je suis toujours heureux d’aller à la plage mais je pense aller vers d’autres endroits aussi. J’ai besoin de lieux en mouvement – peut-être la circulation, les gens, les arbres. Ou un endroit qui change lorsqu’il est capturé en pose longue.

Qu’est-ce que vous jugez comme les aspects les plus difficiles du travail avec la photographie au sténopé ? Qu’en est-il le plus gratifiant ?

Le plus drôle, c’est que quand je suis à la plage à faire des photos au sténopé j’essaie de prévoir autant que possible à quoi ma photo ressemblera. J’essaie d’obtenir les vagues au bon endroit dans mon image. Même avec les durées d’exposition de plus de 8 secondes, j’essaye toujours de tout chronométrer de façon à ce que tout soit parfait. Mais en même temps, j’espère aussi être surpris par les résultats. Quand je scanne mes pellicules je veux avoir ce sentiment “wooow, ce cliché est incroyable !” L’appareil n’a pas de viseur et il n’est pas numérique, jusqu’à ce que je scanne mes pellicules, je n’ai aucune idée de comment les photos sortiront.

Enfin, avez-vous des conseils pour ceux qui s’intéressent à la photographie au sténopé et peut-être même ceux qui veulent construire leurs propres appareils à sténopé ?

Bien que je comprenne que cela soit un divertissement pour certaines personnes, personnellement, je ne suis pas intéressé par la construction d’un appareil photo, ce sont les photos qui comptent pour moi. Un simple bouchon de boîtier sténopé sur un appareil existant pourrait être un point de départ idéal pour quelqu’un qui voudrait s’essayer. Il y a des applications pratiques pour vous aider à calculer le temps d’exposition. J’utilise la Pinhole Camera Design Calculator de Xsonus.

Merci beaucoup Gregor d’avoir pris le temps de répondre à nos questions et d’avoir partagé vos impressions avec nous !

N’oubliez pas de jeter un œil sur le site de Gregor Servais et son blog !

écrit par plasticpopsicle le 2014-05-13 dans #lifestyle #interview #stenope #gregor-servais #photographie-stenope #paysages-marins
traduit par lomographyfrance

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