Au diable la perfection. Vive la photographie libre !

La délicatesse au Daguerreotype d'Eléonore Tisseyre

Il y a quelques mois, Eléonore nous parlait de son approche visuelle du corps de la femme. Un discours fort qui se traduit dans ses images. Ici, Éléonore Tisseyre a testé notre Objectif Artistique le Daguerreotype Achromat 2.9/64. L'effet bokeh qui est symbolique de cet objectif est mis à profit dans ces séries. Éléonore sait manier à la perfection les contrastes au niveau de ses sujets : de la haute couture parmi des immeubles de banlieue parisienne, un buste ancien se reposant dans un décor minimal, et comme dans une série passée, des corps qui gesticulent parmi des zones plastifiées ! Diplomée de l'ECV à Paris et du NYIT Manhattan, Eléonore Tisseyre est directrice artistique et designer graphique. Découvrez ses inspirations dans cet interview !

Bonjour Eléonore, bienvenue ! Nous sommes ravis de t’accueillir une fois de plus suite à notre interview lors du mois de la Femme ! Quels ont été tes projets les plus récents ?

Hello Lomography, merci de me recevoir une nouvelle fois :)
Ces derniers mois je me suis concentrée sur mon travail de direction artistique pour une grosse marque de mode, ça a été plutôt intense !

Quel a été ton premier contact avec la photographie ?

Sûrement lors d'une classe verte en maternelle pour laquelle mes parents m'avaient acheté un jetable. J'avais tellement peur de gâcher la pellicule avec des broutilles de petite fille que j'avais pris uniquement des clichés type "documentaire" du lieu où on logeait, et zéro photos de mes copines.

Selon toi, qu’est-ce qui distingue le numérique de l’argentique ? Lequel des deux médiums préfères tu ?

Le numérique c'est la sécurité, le contrôle, la qualité technique, tandis que l'argentique c'est l'instantané, l'erreur, le charme. ​Dans l'idée, je préfère l'argentique, mais dans les faits je suis un peu plus à l'aise avec le numérique. Ceci dit, j'aimerais bien passer au tout argentique ​bientôt.

As-tu des photographes fétiches ?

En ce moment, Harley Weir​ et Colin Dodgson.

Lorsque tu es en panne d’inspiration, que fais-tu ?

Je​ feuillette les livres/magazines dans les boutiques des galeries et concept stores jusqu'à ce que quelque chose m'accroche visuellement ou me donne une idée.

Nous t’avons récemment prêté l’objectif artistique Daguerreotype Achromat 2.9/64. Comment s’est déroulé le processus d’expérimentation ?

C'est la première fois que j'avais un si bel objectif entre les mains! Je craignais de ne pas savoir le manier techniquement, mais au final, en l'essayant dans diverses conditions et en me laissant guider par l'objectif j'ai pu obtenir des rendus très jolis, très doux et en même temps bien vibrants. Les résultats varient énormément selon la plaque d'ouverture choisie, la distance avec le sujet, la complexité de l'arrière plan...Il donne des photos tout de suite très artistiques, tout en donnant la sensation de pouvoir s'approprier l'objectif, d'y apporter sa touche. C'est un vrai jeu.

Ces photos sont hautes en couleurs et sont sacrément pop ! Quels ont été tes inspirations pour cette série ?

Ce qui m'a plu principalement avec le Daguerreotype, c'est qu'il peut créer des flous fascinants, estompant peu à peu les détails, créant une atmosphère très délicate qui tend à être un peu sombre, mélancolique. J'avais envie de contrebalancer cette ambiance avec des couleurs un peu plus vives.
Les photos ont été prises en banlieue parisienne, dans un coin difficile, je trouvais important d'en montrer un aspect plus coloré qu'à l'ordinaire. ​

Habitant désormais à New York, as-tu des projets à venir ?

Oui, la ville est ultra stimulante! J'aimerais bien m'essayer davantage à la vidéo pour un prochain projet, dès que j'aurais un peu le temps.


Nous remercions Éléonore pour ces deux séries sublimes et douces. Pour suivre son actualité visuelle, c'est via son compte Instagram ou sur son site web.

écrit par Adélaïde de Cerjat le 2018-05-27 dans

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