Thibault Chasta et le Petzval 58 Bokeh Control : une improvisation sensuelle

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Entre Thibault Chasta et notre objectif artistique, c'est une véritable improvisation artistique qui se joue, où la lumière et le grain se fondent en une mélodie sensuelle et où Julie, la modèle, se transforme en danseuse.

Bonjour Thibault, est-ce que tu peux te présenter à la communauté ?

Bonjour, Thibault Chasta, 29 ans, j’habite en région parisienne.

Alors, raconte-nous ton histoire avec la photographie ?

On s’est rencontré il y a bientôt 10 ans ! Mais ça n’a pas été l’amour fou tout de suite ! J’ai bidouillé sur des fleurs pendant longtemps. J’ai fréquenté une asso qui a tout changé. J’y ai appris à raconter des histoires, à créer des séries, de la conception à la réalisation. Pendant longtemps, je ne voulais faire que du portrait, le reste ne m’intéressait pas du tout ! Et puis avec le temps j’ai trouvé de l’intérêt dans plein d’autres formes, notamment quand j’ai commencé à voyager. Aujourd’hui je dirai que je suis à un stade où j’ai envie et besoin de sortir de ma zone de « confort ». J’ai des milliers d’idées !

C’était quoi ton premier appareil ?

Un canon 400D ! Ensuite un 5D Mark II et aujourd’hui un Fuji xpro1 et un Canon A1 pour l’argentique.

Quelle place occupe l’argentique dans ta pratique de la photographie ?

Je commence tout juste à m’y mettre sérieusement, à terme j’aimerais ne faire plus que ça. Ça fait un peu peur au début : j’étais un peu perdu, j’ai eu l’impression de devoir tout réapprendre et j’ai trouvé ça génial. Ça réapprend l’attente, faire ses photos, déposer les bobines, récupérer les photos avec l’excitation d’un enfant de 4 ans devant le sapin de Noël. Ça fait du bien, tout va très vite aujourd’hui, on fait une photo, on la voit, on la publie. La précipitation prend le pas sur la réflexion.

Ça bouleverse les certitudes également : au digital, on contrôle instantanément le résultat, on peut corriger. A l’argentique, je prends déjà beaucoup plus de temps avant de déclencher : réglages, composition, ok, là c’est le moment. Et puis l’attente, on récupère les scans, on redécouvre, un peu de frustration parfois mais c’est très stimulant. Pour finir : l’esthétique évidemment ! LE GRAIN ! Ce que j’aime le grain…

Lorsque tu prends ton appareil photo, quelle est la première chose à laquelle tu penses ?

"Merde j’ai fait quoi de la carte mémoire ???" Plus sérieusement, tout dépend de ce que je vais faire, pour un shoot portrait j’ai toujours un peu d’appréhension surtout lorsque je ne connais pas le modèle. Je travaille beaucoup au feeling, je vois ça comme un échange sincère entre êtres humains. Du coup, y’a toujours un risque, mais jusqu’à présent j’ai eu beaucoup de chance. Si je suis en voyage et / ou avec mes amis, je ne me dis rien et je laisse la vie s’offrir à moi, tout simplement.

Ton truc à toi, c’est les portraits. Comment cette discipline s’est imposée dans ta pratique de la photographie ?

C’est vrai que ça prend une grande place dans mon travail. Comme je l’ai dit plus haut, cette discipline s’est imposée quand je me suis rendu compte à quel point j’aimais cet échange. Je ne suis pas très dirigiste. Lors de la préparation j’ai une idée précise d’une esthétique, d’une ambiance ; mais le jour J, les choses se font toutes seules. J’aime à penser que le modèle a autant son mot à dire moi, alors je le laisse parler. Les photos sont simplement le résultat de cet échange.

Qu’est-ce qui est le plus difficile quand on fait du portrait ?

Je dirais apprivoiser ce que le modèle a à me donner, et savoir le retranscrire dans l’esthétique recherchée. Au-delà d’appréhender « le bon profil » etc, il faut savoir l’utiliser à bon escient pour en faire quelque chose d’intéressant. Je ne suis pas très attiré par la photo beauté, studio etc., j’aime quand c’est « un peu crade », imparfait. Je crois que c’est le fondement de mon travail, rechercher l’imperfection esthétique et rendant l’image finale esthétique.

Tu as utilisé le Petzval 58 Bokeh Control. Peux-tu nous dire quelles ont été tes premières impressions en découvrant l’optique ?

Déjà, il est super beau, j’adore ! Il est lourd, imposant. Le métal froid, doré, ça change des objectifs qui se ressemblent tous, sans âme. C’est du matos de pirate, et j’adore les pirates !

Quelle histoire as-tu choisi de raconter avec cette série ?

Je l’aime beaucoup cette série. Pour beaucoup de raisons. Déjà : je l’ai réalisée avec Julie Fournier. Julie, c’est la famille, une amie avec qui j’ai déjà beaucoup shooté. Artistiquement, on se connaît par cœur, mais on arrive toujours à se surprendre. Si on s’écoutait et qu’on avait le temps, on shooterait toutes les semaines ! C’était quasiment totale impro, on avait parlé un peu des tenues, on savait qu’on shooterait dans son petit appart qui a une super lumière, et c’est tout. On a essayé plein de trucs, et la série a fini par se créer d’elle-même. Un genre de duo d’impro Jazz.

Pourquoi avoir choisir d’utiliser le Petzval en particulier ?

C’est plutôt une optique pour du portrait et j’avais déjà vu beaucoup de portrait faits avec. Je partais à Madrid à ce moment-là il m’a semblé intéressant dans l’utiliser dans un contexte différent.

Comment s’est passée la cohabitation ?

On est fait l’un pour l’autre ! Je n’ai pas eu un coup de foudre pareil depuis Diane à la maternelle ! On est parti ensemble à Madrid pour apprendre à se connaître. Il a tellement de possibilités, il est imprécis, imparfait. Il est parfait.

Qu’apporte cette optique et son bokeh tourbillonnant dans les photos ?

L’optique pousse déjà à réfléchir différemment par rapport à une optique plus « traditionnelle ». Parce qu’elle déforme, que la MAP est difficile. Je vais me répéter, mais moi ça m’a apporté ce quelque chose en plus, une « imperfection » qui se rapproche naturellement de ce que j’essaie de créer. Les photos que j’ai produites ne ressemblent en rien à ce que j’ai pu faire avant ! L’intérêt, c’est qu’en plus, on peut contrôler ça, l’intensité du bokeh en fonction de ce qu’on veut, de l’ouverture, de la profondeur de champ. Je l’ai même testé sur des prises vidéos et… je suis très frustré de l’avoir rendu parce qu'il y a des choses incroyables à faire avec.

Une astuce à partager ?

Il doit s’apprivoiser, mais si j’avais un conseil à donner ça serait de ne pas avoir peur « de rater » : il pousse dans des retranchements artistiques que n’offrent pas d’autres optiques. Faut se laisser aller.

Et en dehors de la photo, que fait Thibault Chasta ?

ICH BIN BATMAN !

Des envies, des projets à nous confier ?

J’expose actuellement et jusqu’à fin décembre une série de doubles expositions. J’essaie de faire un livre de mes voyages, de la vie avec mes amis. Juste pour moi comme ça pour le plaisir. C’est tellement mieux des photos sur papier ! Et je vais vraiment explorer à fond l’argentique, y’a des millions de trucs à découvrir ! En parallèle je vais commencer sérieusement la vidéo, une nouvelle façon de raconter des histoires.

Un livre de chevet ?

J’en ai deux ! Les fleurs du mal (C. Baudelaire) et Le petit prince (A. de Saint Exupéry).

Un photographe ?

Peter Lindbergh et Tim Walker.

Une photo qui t’a marqué récemment ?

Pas forcément une photo mais j’ai découvert les photos de Toby Harvard sur Instagram (merci Julie !). Un type qui fait que de l’argentique avec des lumières, des couleurs et une ambiance complètement folles. C’est marrant parce que ça ressemble énormément à ce que j’ai envie de faire prochainement (notamment le travail sur les lumières), c’est un peu perturbant.

Lomography, ça rime avec...

Creativity ! J’en profite pour remercier Julie d’avoir encore une fois fait le cobaye ! Elle chante dans la comédie musicale Le rouge et le noir au Palace, faut y aller !


Suivez le travail de Thibault sur son site, sa page Facebook et son compte Instagram.

écrit par mpflawer le 2016-12-12 dans

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2 commentaires

  1. lafilledeer
    lafilledeer ·

    J'adore cette série!

  2. thbltchst
    thbltchst ·

    @lafilledeer merci 🙏

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